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My kink is you.. finally shutting the hell up - Siam - END

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Ven 30 Déc - 3:10

SIAM FERNORIS


Nom : Fernoris
Prénom(s) : Siam
Âge :  15 ans environ 28 ans, mais personne le croit
lieu de naissance : Jardin d'Eden, Alfheim
Sexualité : Ew Il ne sait pas que ça existe.
Statut/métier : Bosse pour un service de livraison entre Alfheim & Tamaris
Famille : Haha.. ils ont ..perdu contact.
Race : Nix (Nymphe ♂, oui ça existe tg)
Groupe : Alfheim
Pouvoir primaire : Contrôle de l'eau, celui qu'il maîtrise le mieux. Après c'est limité par sa fatigue et la masse d'eau manipulée. Il n'en crée pas, il lui faut de l'eau sous la main sinon ce don est inutile. A noter qu'il ne la gère que sous forme liquide.
Pouvoir secondaire : Création de fissures. J'expliquerais bien que ça part du principe de résonance mais ça va prendre du temps /pan/ Rapidement, au contact, Siam peut créer des fissures sur n'importe-quelle surface, plus ou moins profondes et étendues en fonction de l'énergie qu'il y met, sa concentration et la résistance de ladite surface. 'Fissurer' de la peau est moins difficile que de fissurer un rocher, par exemple. Pour l'instant il ne peut les provoquer qu'avec ses mains, mais peut-être qu'en y travaillant il pourrait le faire avec ça avec n'importe-quel endroit de sa peau.
Malus : Obligé de dormir dans l'eau pour être reposé + ne doit pas s'exposer trop longtemps au soleil.
Concernant son second pouvoir, c'est un peu plus drôle. Disons que s'il le sur-utilise le don est littéralement hors de contrôle. Il sera incapable de l'empêcher de s'activer sans prévenir ou au contraire, de provoquer son activation pendant un moment. Des fissures se mettront à apparaitre sur sa propre peau, généralement au niveau des mains, et ça fait franchement un mal de chien. Le don s'active aussi parfois comme sorte de mécanisme de défense lors d'émotions fortes, même si c'est de plus en plus rare.
Catalyseur : Une épaisse écaille verte aux reflets dorés dont il ne prend absolument aucun soin. L'a déjà perdue à plusieurs reprises, elle est usée sur les bords.
Familier : Mu, un serpent blanc aux yeux rouge plus long que Siam n'est grand et certainement venimeux. Il n'est toutefois pas énormément épais et passe généralement ses journées enroulé au bras du nix ou passé par dessus ses épaules comme.. un boa, haha.



CARACTÈRE

She said 'you aint you when you're like that', but ain't that just the point ?


Siam n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un classique, pour l’espèce des nymphes. Déjà rien qu’à le regarder, si on ne voit pas ses oreilles pointues, on se permet d’émettre des doutes et puis les nymphes c’est pas que des femmes?. Je vous arrête là sur les clichés: fleurs et paillettes, c’est pas exactement son délire. enfin, arrachez les pétales d’une marguerite sous ses yeux et il proposera avec le sourire de vous arracher les vôtres Joie de vivre non plus, pour un peu il dirait que ça le rend malade. Ca le fatigue, plus précisément. Par définition, Siam est fatigué. Peut-être a-t-il trop couru partout dans sa vie, peut-être qu'il devrait allonger son temps de sommeil, peut-être qu’il en a simplement assez d’être entouré de personnes n’ayant de cesse de déblatérer des âneries, aussi. En général, au premier abord, Siam n’a pas d’estime pour vous. C’est son default mode, de ne s’attendre à rien de bon venant des gens. Oh pas qu’il soit toujours particulièrement désagréable, cela dit. Si on ne lui donne pas de raison de l’être, le nix est relativement désabusé mais pas non plus amer. Ca ne l’empêchera pas de vous lancer des piques sarcastiques de façon régulière en arborant un sourire en coin pas toujours très sympathique: il ne sait pas faire autrement. Cependant sachez qu’honnêtement, ça, c’est sa meilleure humeur.

Plutôt instable, l’Alfheim serait particulièrement explosif s’il n’enfermait pas ses émotions à double-tour pour les empêcher de n’en faire qu’à leur tête. Ressentant les choses assez violemment, il a parfois du mal à être rationnel et ne pas se laisser consumer par ce qu’il ressent. Ca peut le mener à utiliser ses mots comme des poignards, rien à voir avec ses ‘gentilles' moqueries habituelles, comme le mener à être tout à fait ridicule selon ses standards. Disons que s’il ne se surveillait pas attentivement, il pourrait bien se mettre à pleurer parce que son serpent -pauvre bête- n’a pas de pattes et ça ne doit pas être bien pratique. Voyez l’étendue de la chose. C’est un peu comme ça qu’il est quand la fatigue s’accumule, d’ailleurs. Une petite chose un brin fragile qui s’accrochera sans doute  la première personne venue pour lui faire un câlin parce qu’il est soudainement en manque d’affection. Pas qu’une catastrophe comme lui en mérite, mais bon. Cela dit c’est le genre d’épisodes dont il préférerait ne pas se souvenir, une fois de nouveau en état de penser il se mettrait sans doute des baffes: qu’est-ce qui lui a pris d’être aussi stupide ? Laisser les gens l’approcher de trop près n’est clairement pas ce qu’il préfère. Relativement farouche de nature, il garde par réflexe une distance méfiante, surtout quand votre tête ne lui revient pas, ayant appris à se montrer prudent quand il s’agissait de placer sa confiance en quelqu’un. Il ne veut plus de mauvaises surprises, il est largement assez désabusé comme ça. C’est une sorte d’animal sauvage ayant déjà eu de mauvais rapports avec l’homme: l’apprivoiser prend un certain temps. Il a même tendance à virer passif-agressif, à l’occasion.

Etrangement, Siam donne à tort l’impression d’être très sûr de lui en général. Sans doute parce qu’il n’hésite jamais à vous faire savoir le fond désagréable de sa pensée. Ce n’est pas comme si quelqu’un allait le faire à sa place, de toutes façons. C’est peut-être aussi dû à son absence d’hésitation quand il s’agit de faire des entorses à la morale. Le nix ne se sent pas très concerné par celle-ci: quelque-chose qui ne sert pas ses intérêts lui est inutile, c’est tout. C’est là qu’il cesse de se poser des questions métaphysiques. De toutes façons il ne sera jamais qu’un échec, pas la peine de faire semblant Doté d’un certain sang-froid, les situations dangereuses ne sont pas très promptes à le faire paniquer. D’une part parce qu’il fait assez peu cas de sa santé, de l’autre parce qu’il en a vues d’autres. Vous ne l’impressionnez pas, il a déjà eu plus mal que ce que vous pouvez lui faire. Ou alors il est dans le déni. Et puis sa désinvolture ne l’empêche pas d’avoir une réflexion assez vive pour trouver des solutions lui permettant d’esquiver le problème. De toutes façons, quand bien même il serait blessé, Siam fait assez peu cas de sa santé alors ce n’est pas ce qui va l’inquiéter. Pour un peu je dirais qu’avec son penchant pour la destruction, ça l’arrange. Oh, et j’ai mentionné son manque d’estime pour vous, mais ce n’est pas comme s’il en avait beaucoup pour lui-même. Il est cassé, quelque-part, y’a des coupures qui se sont pas entièrement refermées Avec le nombre d’emmerdes dans lesquelles le nix s’est précipité en se montrant idiot, il sait qu’il y a pas mal de choses à améliorer et ne dira jamais non si on propose de lui apprendre quelque-chose; c’est juste plus simple se se donner un air de connard arrogant.

Cela dit Siam sait se montrer reconnaissant, si on lui apporte une aide utile, tout comme il rechigne moins à apporter la sienne que ce à quoi on pourrait s’attendre. C’est le genre de personne à vous tirer du pétrin en vous traitant d’attardé quand même. Quoi, vous vous attendiez à des mots doux, de la compassion, et à ne pas en prendre pour votre grade ? Même si vous étiez à l’article de la mort, il peinerait sans doute à retenir ses sarcasmes.



PHYSIQUE

It hurts but I won't fight you, 'cause you suck anyway


Si Siam vous dit qu’il a presque 30 ans, vous allez sans doute lui rire au nez. Non, parce que faut pas déconner: il ne fait pas du tout son âge. C’est à peine si on a l’impression qu’il est majeur. La faute au rythme de vieillissement particulièrement lent des nymphes qu’il maudit presque quotidiennement. Peut-être qu’avec les années il finira par l’apprécier, mais pour l’heure ça ne joue pas réellement en sa faveur. De taille moyenne, Siam a la peau claire et des oreilles pointues caractéristiques de son espèce. Il est construit en finesse ce qui ne lui donne pas l’air très menaçant, mais concrètement c’est quelqu’un qui saura s’en tirer pour se défendre si on cherche par exemple à le détrousser. Ce ne serait pas la première fois. Et le fait qu’on le sous-estime par réflexe joue généralement en sa faveur.

Passé son air excessivement jeune pour l’âge qu’il prétend avoir, le nix a une apparence assez particulière. Ca commence avec ses cheveux. Lisses, généralement ébouriffés et d’un roux très vif pas du tout dans les standards des nymphes à l’origine. Comme si ça ne suffisait pas, suite à un évènement particulièrement stressant, tout le côté droit de sa chevelure a viré au blanc. Autant dire que s’il voulait disparaitre dans une foule, il n’y aurait clairement pas moyen: c’est comme s’il avait un panneau ‘je suis là’ sur la tête. En y regardant de plus près, on peut remarquer que ses yeux non plus n’ont pas la même couleur de chaque côté. Le droit est brun-rouge, sa couleur d’origine, mais le gauche est d’un bleu laiteux très pâle qui n’est pas exactement synonyme de santé. Et pour cause: Siam n’y voit pas très bien de ce côté-là, disons que le monde est relativement plus flou, relativement plus sombre aussi, mais il s’en sort pour se repérer tout de même, avec l’habitude. De toutes façons il ne peut pas s’en plaindre: c’est de sa faute. Vous voyez cette large cicatrice qui ressemble à une brûlure ? Ce n’en est pas une. Il s’est fait ça tout seul, sans vraiment s’en rendre compte, lorsque son second pouvoir était passé hors de contrôle. Heureusement elle s’estompe progressivement avec le temps. Le truc c’est que ce n’est pas la seule. Ses deux épaules et omoplates portent des cicatrices similaires mais plus récentes à l’aspect déjà moins engageant. Il a également une cicatrice laissée par les crocs d’un loup immense autour de l’épaule droite. Cela dit la coupure ayant été plus nette, elle est moins désagréable visuellement..  enfin c’est pas comme si vous alliez la voir de toutes façons. Il n’aime pas qu’on la remarque, des souvenirs passablement désagréables y étant attachés.


HISTOIRE

I can't tell you nothing 'cause I'm a fucking mess sometimes


Contrairement à la grande majorité des créatures peuplant ce monde, Siam avait la classe à sa naissance. Par là je veux dire qu’il n’est pas né d’un oeuf tout collant ou encore en hurlant, couvert du sang de quelqu’un d’autre qui avait lutté pour se débarrasser de sa présence parasite pendant un long moment. Non parce que Siam est un nix, ça donne pas beaucoup de choses desquelles se vanter mais il y a au moins ça: lui est né d’un lotus. Un lotus qui avait commencé à enfler et émettre une douce lumière orangée quelques mois auparavant pour qu’un jeune nix finisse par en sortir, un peu ébloui par l’éternel jour d’Alfheim. Ses yeux clairs s’étaient aussitôt plissés, habitués à l’obscurité protectrice des pétales de la grande fleur, mais il avait bien fallu se rendre à l’évidence: ces rassurantes ténèbres ne reviendraient pas. Pendant qu’il se remettait lentement de sa confusion, un couple de nymphes l’avaient accueilli à bras ouverts, il avait été décidé que ce serait eux qui prendraient soin du nouveau venu. Sa ‘mère’ Nesilia et son ‘père’ Luvon qui avaient longtemps voulu fonder une famille dans la mesure du possible suivant les standards des nymphes avaient été un peu surpris des cheveux rouge vif du petit. Etait-ce une sorte de maladie ?Les nymphes étant des créatures proches de l’eau avant tout, il y avait de quoi être interpelé. Il est vrai que le lotus duquel il était sorti avait une étrange coloration orange vif, peut-être était-ce cela.  C’était bien la seule fois que Nesilia et Luvon avaient vu cela et le fait que ça soit potentiellement une présage quelconque les inquiéta pendant quelques temps. Mais ils ne tardèrent pas à constater qu'heureusement Siam était en pleine forme.

C’est le moins qu’on puisse dire: ce gamin ne tenait pas en place. Energique, jovial et curieux de tout, il ne manquait jamais de questions à poser sur le monde qui l’entourait, et avait tendance à faire des bulles dans son lit d’eau quand on lui disait d’aller dormir parce qu’il n’était franchement pas fatigué. Souvent Nesilia s’inquiétait: sérieusement, qu’est-ce que ça donnerait en grandissant ? Pourvu que l’envie ne le prenne pas d’aller faire un tour dans d’autres contrées qu’Alfheim pour satisfaire cette insatiable curiosité. Mais Luvon l’assurait que ça lui passerait en grandissant, qu’il s’assagirait. Mais si le temps lui a donné raison, c’est plus parce que Siam s’est « éteint »  que parce qu’il s’est «  assagi » . Enfin pour l’instant aucun moyen de s’en douter. Il ne fallut pas très longtemps au roux pour découvrir son premier don. Contrôle de l’eau, classique mais efficace comme de nombreuses nymphes. Sans surprises et rassurant, Nesilia s’était plusieurs fois demandé si son apparence inhabituelle n’induirait pas des problèmes lorsqu’il grandirait. mais visiblement tout était décidé à aller pour le mieux. Ils lui offrirent une large écaille d’un joli vert émeraude aux reflets dorés en lui disant de la garder sur lui en permanence. Apparemment elle leur venait d’une créature d’Alfheim, amie de longue date, qui la leur avait offerte en gage de reconnaissance. Maintenant ils voulaient qu’elle lui serve de catalyseur pour son pouvoir. Pour tout dire l’objet plaisait bien à Siam, il miroitait au soleil et ses couleurs n’en finissaient pas de changer, aussi s’appliqua-t-il à en prendre grand soin.

Les jours s’écoulaient dans une délicieuse ignorance, rythmés par les leçons pour contrôler son don convenablement et les histoires que sa mère inventait plus ou moins pour lui expliquer le fonctionnement de ce monde. Pour lui expliquer pourquoi ici ils ne connaissaient que le soleil mais qu’une autre contrée ne le voyait jamais. Alors il avait ouvert de grands yeux inquiets en disant innocemment qu’il était triste pour eux, arrachant un léger sourire à la nymphe: elle espérait qu’il garderait cette attitude compatissante même en découvrant comment les choses étaient là-bas.

En découvrant à quel point il y avait de quoi ne ressentir qu’horreur à leur égard.

Le seul évènement qu’on pourrait noter comme ‘accroc’ dans son enfance à Alfheim est sans doute cette fois où il s’est perdu dans les bois en partant à la poursuite d’un lapin. L’adorable bestiole d’apparence pelucheuse semblait inviter Siam à le suivre, sautillant un peu en avant puis s’arrêtant comme pour l’attendre, le regard tourné dans sa direction. Il ne ressentait pas une once de crainte, mais ça n’a rien de surprenant, quand on sait à quel point les nymphes sont proches de la nature. De vrais clichés de princesses de contes fées pour le coup, chanter en réponse au chant des oiseaux n’avait rien de surprenant chez eux. On comprend aisément que Siam n’avait peur ni des bois ni des animaux. Ayant approximativement 9 ans à l’époque, il savait tout de même bien quel comportement adopter pour ne pas les effrayer, ou quels fruits ne pas ramasser s’il ne voulait pas s’empoisonner. C’était Luvon qui lui avait tout expliqué, au cours de plusieurs virées en forêt. Après tout il était un nix, s’il ne se familiarisait pas avec la nature qui l’entourait, il y avait un réel problème. C’est donc sans prudence aucune qu’il s’était aventuré à la suite du lapin blanc, riant un peu quand celui-ci reniflait l’air dans sa direction, les mouvements de son museau étant réellement adorables.

Il rit beaucoup moins lorsqu’un couinement peiné se fit entendre.

Soudainement il se sentait beaucoup moins à l’aise dans cette forêt. Le lapin avait cessé de le diriger. Il ne le dirigerait sans doute plus nulle-part à vrai dire, maintenant qu’il pendait d’entre les crocs d’un renard qui semblait être sorti de nulle part. Une bonne prise à n’en point douter: il n’y avait pas que la fourrure de l’animal qui lui donnait du volume, mais Siam était gelé sur place. Non, se mettre du côté du renard était hors de sa portée pour l’instant. La vue du sang le mettait terriblement mal à l'aise pour ne pas dire que ça le terrifiait complètement, si bien que sans s’en rendre compte il commença à pleurer à chaudes larmes. Son propre sanglot le surprit lorsqu’il lui échappa, et s’il tenta d’endiguer le flot de larmes de ses mains tremblantes il fallait avouer que ce ne fut pas très efficace. Visiblement indisposé par le bruit qu’il produisait, le renard ne mit pas longtemps à décider que dépecer la bestiole plus loin serait décent. Même sans s’en rendre compte le roux lui en fut grandement reconnaissant. S’il ne supportait pas de voir un lapin mort et du sang, imaginez le face aux boyaux de cette charmante boule de duvet. Impensable. Il aurai pleuré trois jours d’affilée, il n’était clairement pas prêt pour ça. Déjà que pour l’heure ses sanglots et hoquets remplissaient l’air.

Même pas il s’imagina faire demi-tour, n’ayant aucune-idée de la direction de laquelle il venait. Ils avaient zigzagué de nombreuses fois entre les arbres, quand ce lapin était encore capable de sautiller, c’était inutile. Maintenant il ne savait plus trop s’il pleurait parce qu’il avait eu peur, parce que son ‘ami’ était mort ou parce qu’il était perdu sans savoir quelle marche suivre pour retrouver son chemin. Peut-être que Luvon le trouverait, après tout il sortait souvent dans les bois, et puis il le chercherait s’il ne revenait pas. Mais combien de temps cela prendrait-il ? Combien de temps allait-il attendre seul ici en espérant qu’aucune bestiole du même acabit que ce renard ne lui trouve un air appétissant. Nesilia lui avait bien dit que les créatures de la forêt étaient ses amis et que puisqu’il était un nix ils ne chercheraient pas à lui faire de mal, mais cette idée lui était complètement sortie de la tête. Et puis ça n’aurait de toutes façons clairement pas suffi à le rassurer au vu de la situation. Il était donc recroquevillé sur lui-même et adossé au tronc d’un arbre, pleurant toutes les larmes de son corps parce que la panique ne lui laissait pas d’autres options, lorsque des pas s’approchèrent de lui.

A vrai-dire par dessus ses sanglots il ne les entendit pas au départ. Il commençait à avoir mal à la tête à force de pleurer et essuyait tant bien que mal ses yeux qui voyaient flou pour essayer de rendre la situation plus supportable. Sans succès. Un frisson d’horreur le parcourut quand il sentit un poids se poser sur son épaule. Il n’avait vu personne venir et ne put s’empêcher de sursauter, levant immédiatement les yeux pour essayer de savoir ce qui l’attendait et si ce n’était pas sa mort. L’air sur son visage devait être tout à fait glorieux parce que celui qui venait de l’approcher ne put retenir un sourire en coin en croisant ses grands yeux gris larmoyants.

«  Gros chagrin, à ce que je vois. Enfin ce que j’entends surtout, c’est fou ce que tu es bruyant. »

Marmonna-t il en s’accroupissant pour être à la hauteur du nix. Ce dernier tenta d’arrêter ses sanglots, se calmant un peu avec la proximité d’un autre être vivant possiblement de son espèce à en juger par ses oreilles. Il allait sans doute pouvoir l’aider. Ca allait bien se passer. Il fallait qu’il se calme. Il fallait qu’il arrête de se comporter comme un gamin. Ayant retrouvé son calme et son souffle, le roux finit par se présenter et expliquer rapidement qu’il aimerait bien sortir d’ici et qu’il avait peur de se faire croquer comme un lapin, alors ça serait sympa s’ils pouvaient ne pas trop traîner. Son interlocuteur d’appelait Lith, et contrairement à ses suppositions précédentes ce n’était pas un nix. Enfin ça restait une créature du même genre cela dit: un elfe. Au moins son espèce ne laissait pas imaginer que tous les  individus étaient des femelles - l’appellation ’nix’ pour le féminin de ’nymphe étant assez peu connue- s’était dit Siam sur le moment. Mais il s’était gardé de le mentionner, parlant de choses sans réel intérêt avec l’elfe pour se distraire le temps d’atteindre la sortie des bois. Bien sûr ses parents étaient morts de trouille, mais lui ne tenait simplement pas en place à l’idée de leur présenter son sauveur. Il n’avait que ça en tête, sa frayeur et son chagrin à la vue du lapin sans vie complètement évaporées dès l’instant où il les avait retrouvés, attendant apparemment son retour. Nesilia s’était platement excusée auprès de Lith qui ne voyait aucun problème ans la situation et riait simplement face à l’attitude enjouée du jeune nix: au moins ne manquait-il pas d’optimisme. Haha. Pour l'instant il n’en manque pas non, une chance dont il ne se rend assurément pas compte.

Son enfance Alfheimienne idyllique commença à s’effriter vers ses 10 ans approximatifs, avec l’apparition de son second don. Une chance qu’il en aie un, ce n’était pas donné à tout le monde, mais.. ça n’était pas ‘normal’ pour un nix suivant les dires de Nesilia. Elle commençait à s’inquiéter, les doutes par rapport au fait que sa couleur de cheveux désigne potentiellement une maladie refaisaient surface. Normalement les nymphes étaient des êtres en communion avec la nature, elles ne détruisaient pas tout ce qu’elles touchaient. Littéralement. Eh bien Siam si. Il l’avait découvert par erreur, alors que Luvon lui apprenait à se déplacer silencieusement en forêt. En passant juste après son père, une branche lui était revenue dessus et lorsque le roux avait voulu l’arrêter en plaçant ses mains devant lui.. elle s’était cassée. Des fissures étaient apparues là où il l’avait touchée, parcourant rapidement toute la tige souple jusqu’à la casser. Il l’avait sans doute regardée pendre mollement d’un air air éberlué pendant de longues secondes avant de pouvoir reporter son attention sur ses mains à la recherche d’une explication. Elles n’étaient pas blessées, seul le végétal avait souffert.

L’évènement fut simplement passé sous silence, les deux nymphes pensant avoir raté quelque-chose, mais après d’autres occurrences du même genre où Siam détruisait quelque-chose en l’effleurant à peine dans un accès d’émotions, ils durent se rendre à l’évidence. Il ne contrôlait pas que l’eau, et ces fissures faisaient partie de ce que la Nature avait choisi pour lui. Maintenant il allait devoir vivre avec. Et le gérer de préférence, il ne pouvait décemment pas continuer de casser sans le vouloir ce qui entrait en contact avec sa peau. Ses parents avaient compris qu’ignorer le problème ne ferait qu’entraîner que plus de dégâts, c’était déjà un bon début, mais au-delà de ça ils semblaient un peu perdus, n’ayant pas de pouvoirs pouvant réellement causer du tort aux autres. Autant le don de l’eau ça les connaissait, puisqu’ils l’avaient également, autant ils étaient assez démunis face à ce que faisait Siam, limite effrayés s’autorisait-il à penser. Il en eut d’ailleurs la confirmation bien assez tôt, et de façon bien plus douloureuse que ce à quoi il se serait attendu.

Peut-être qu’il n’aurait pas dû rentrer aussi tard ce jour-là, mais allez me dire qu’il peut être ‘tard’ à Alfheim. Il fait toujours jour, il n’y a pas de tard qui tienne ! Alors peut-être que l’idée de ne pas avoir leur fils sous la main alors que le crépuscule arrivait avait rendu Luvon et Nesilia nerveux, mais pour sa part l’intéressé n’y avait rien compris. Ce n’est pas non plus comme s’il avait parcouru ces bois des dizaines de fois désormais, il n’y avait rien à craindre là-bas. Et puis cela faisait bien longtemps qu’il savait comment s’y prendre pour ne pas se perdre. Mais les deux autres nymphes ne l’entendaient visiblement pas de cette oreille, et il s’en rendit bien compte en étant accueilli par des cris et des réprimandes sur ses virées en forêt qui se faisaient de plus en plus longues et sur le fait qu’il ne les prévenait jamais. Il aurait sans doute dû être un sage nix, baisser la tête, s’excuser, peut-être même pleurer un bon coup mais Siam n’était pas comme ça. Siam avait effectivement -du moins à l’époque- un caractère doux et pas du tout à la recherche de conflit, trait partagé par la plupart des représentants de son espèce, mais s’il y avait bien quelque-chose qu’il ne supportait pas, c’était le bruit. Et bordel ce que Nesilia était bruyante. Sa voix aiguë lui vrillait les tympans et lorsqu’elle fit mine de s’avancer pour le tirer par le bras et le ramener vers leur campement rapidement, dans un mouvement de colère, il n’avait qu’une seule envie: qu’elle s’éloigne de lui. Ou qu’elle se la ferme. Il repoussa sa main brusquement mais le cri de douleur que lâcha la nymphe n’était pas prévu au programme. Siam cligna des yeux, confus: il n’y était pas non plus allé aussi fort, pourquoi faisait-elle tout un numéro de grande blessée ? Mais quand il aperçut la partie de sa peau qu’il avait touchée, il comprit où était le problème. Et il n’avait pas voulu faire ça mais c’était maintenant trop tard.

«  Siam.. Siam qu’est-ce que tu ..? »

La déchirure principale dans sa peau s’étirait bien sur une dizaine de centimètres, d’ici elle ne semblait pas profonde mais au vu des multiples coupures qu’il y avait autour, ça faisait sans doute mal. Du sang s’écoulait sur la peau claire de Nesilia, salissant ses mains et glissant jusqu’à goutter depuis son coude. Siam était figé sur place, dépité. Comment il en était arrivé là ? Ca faisait bien 2 ans que ce don était apparu, et ça faisait environ un an qu’il savait l’empêcher de se manifester à tout va. Apparemment ce n’était pas assez. Apparemment quand ses émotions prenaient le dessus il ne pouvait rien faire. C’était bien sa veine de s’en rendre compte comme ça.

Le lendemain Nesilia lui sortait qu’ils ne pouvaient pas s’occuper de lui plus longtemps, qu’elle ne comprenait pas comment c’était possible mais il n’était sans doute pas un nix. Il était dangereux, parait-il, il valait mieux pour tout le monde que leurs chemins se séparent. Sur le moment il aurait sans doute dû pleurer. Ou essayer de négocier, peut-être s’excuser pour la 50ème fois depuis qu’il l’avait blessée, mais Siam se sentait.. engourdi. Ce n’était pas inconfortable, c’était sans doute le choc qui lui occultait la douleur pour mieux la relâcher après, mais sur le coup il ne ressentit rien. Peut-être qu’au fond il s’y attendait un peu. Au premier vrai problèmes, ses parents seraient trop fragiles pour essayer de trouver une solution et se débarrasseraient simplement de lui. Oui, peut-être qu’il aurait dû le voir venir. C’est sans doute pour ça qu’au lieu d’avoir une réaction un tant soit peu rationnelle il s’était mis à rire. Nerveusement certes, mais il ne pouvait s’arrêter de rire. Un rire qui sonnait faux. Il leur demanda s’ils regrettaient d’avoir voulu s’occuper de lui. Il leur dit que ça importait peu de toutes façons: il n’avait clairement pas besoin de trouillards comme eux pour l’aider avec son don. Ils étaient inutiles, il était même heureux de ne plus les avoir sur le dos..

Enfin ça c’est le venin qu’il leur cracha au visage avant de disparaître dans la forêt où il s’était précédemment perdu. Une fois seul ledit venin avait un goût franchement amer dans sa bouche et il ne remarqua avoir fondu en larmes que lorsque sa vision devint franchement floue. Finalement il s’arrêta et se laissa aller à sangloter sans discontinuer, un sentiment de trahison lui retournant douloureusement l’estomac. S’ils n’étaient pas prêts à l’aider pourquoi avoir voulu s’occuper de lui au départ ? Stupides et inutiles. Allez savoir pourquoi ça lui faisait aussi mal. Allez savoir pourquoi il sanglotait sans discontinuer. Les yeux clos, l’un d’entre eux caché par sa main, il ne remarqua la douleur -physique cette fois-ci- qu’au bout d’une ou deux minutes. La peau sous sa main commençait à lui faire un mal de chien et lorsqu’il écarta celle-ci elle était couverte de sang. Sur le moment il se mit à paniquer. Quoi ? Comment il avait fait ? Il s’était pris une branche en courant ou ? Est-ce que ça allait s’arrêter de couler ? Peu à peu la douleur augmentait, comme s’il s’en rendait compte progressivement. Il faut aussi dire que ses larmes salées sur la peau à vif ne faisaient qu’empirer les choses. Il les aurait bien essuyées mais.. il avait peur de toucher quoi que ce soit. Parce qu’entre-temps il avait compris pourquoi il avait mal et pourquoi sa main était couverte de sang. Il détruisait tout ce qu’il touchait.

Au bout d’un temps que le roux serait incapable de déterminer, il lui sembla qu’on l’approchait. Des pas assez peu audibles sur le sol herbeux de la forêt. Il avait cessé de pleurer depuis, mais son corps était parcouru de tremblements, et il grondait occasionnellement contre la douleur sur la partie gauche de son visage. Sérieusement, ça faisait un mal de chien. Mais il ferait mieux de ne pas y toucher. Surtout ne pas toucher. Il ne leva pas la tête quand les pas s’arrêtèrent en face de lui, espérant à moitié qu’il s’agisse de l’un de ses parents.. même s’ils ne seraient clairement pas d’une grande aide. En fait il ne savait pas trop pourquoi il pensait à eux maintenant. S’il les voyait il allait sans doute continuer de déblatérer des mots blessants pour se venger de ce sentiment d’abandon qui lui déchirait le coeur. Parce qu’il n’était pas foutu d’être sincère une fois qu’on l’avait blessé. Non il ne voulait pas qu’ils s’excusent, il ne voulait plus jamais les voir.. non il n’était pas terrifié, non il n’avait pas l’impression d’être une anomalie détestable, rien de tout ça. Mais quand il se décida à affronter la réalité, ce n’était ni Nesilia ni Luvon qui se tenait en face de lui. Il eut la vague impression que l’histoire se répétait en croisant les yeux bleu clair de Lith qui lui souriait avec bienveillance. Une fois de plus il s’agenouilla pour être à la même hauteur que le nix, examinant son visage avec une certaine inquiétude.

«  Qu’est-ce qui t’est arrivé ?, s’enquit le brun, Il faut soigner ça avant que ça s’infecte, une chance que ton oeil ne soit pas trop touché.. »

Dit-il en approchant une main du côté blessé de son visage. Dans un sursaut paniqué, Siam agrippa son poignet pour l’éloigner, faisant par la même occasion apparaitre de nombreuses coupures sur sa peau et dans sa chair. S’il se raidit en sentant la douleur, l’elfe ne chercha pourtant pas à s’éloigner ou à le repousser, affichant simplement une grimace peinée. Horrifié, le roux relâcha immédiatement sa prise, ramenant sa main refermée en poing contre lui pour éviter de faire plus de dégâts. Ses larmes revenaient: il détruisait vraiment tout ce qu’il touchait, il ne méritait même pas qu’on cherche à l’aider.

Il méritait qu’on le laisse seul à pourrir dans ces bois jusqu’à nouvel ordre.

«  Calme-toi Siam.. »  lui intima Lith d’une voix douce, semblant à peine perturbé par ce qu’il lui avait fait.

Quoi ? L’elfe n’allait pas fuir et ne plus jamais l’approcher parce que son ‘don’ était hors de contrôle ? Tremblant légèrement, Siam jeta un oeil au poignet qu’il avait blessé et se sentit pleurer encore plus à la vue du sang. C’était terrifiant. C’était pire que ce qu’il avait fait à Nesilia, aussi, niveau profondeur.

« T'inquiète fais pas pour ça. Laisse-moi faire, ok ? » Demanda l’elfe, ce à quoi il répondit par un hochement de tête.

Il lui parlait comme à un animal blessé qui risque de mordre au moindre mouvement inattendu. Mais concrètement le nix ne pourrait nier que c’était exactement ce à quoi ses réactions ressemblaient. Mieux valait qu’il reste immobile s’il ne voulait pas provoquer d’autres catastrophes, de toutes façons. Visiblement peu inquiété par l’état de son bras, Lith approcha de nouveau sa main du visage de son interlocuteur pour passer lentement son pouce sur la partie qu’il avait blessée. Instinctivement il ferma les yeux, ce qui l’empêcha de remarquer l’air amusé sur le visage du brun. Au départ ça lui fit encore plus mal et son expression se contracta sous la douleur, puis une sorte de tiédeur se répandit dans la blessure, l’anesthésiant progressivement. C’était ça son don ? L’anesthésie ? Quand il rouvrit les yeux, Lith parcourait les coupures sur son poignet du bout des doigts, et elles se refermaient sur le passage comme par magie. Ah. Pas l’anesthésie donc, le soin. Enfin force était de constater que des cicatrices restaient bien marquées, affichant un rose vif laissant deviner qu’elles étaient récentes.

« Désolé, pour ton visage.. ça va laisser une marque. D’ailleurs ton iris est bleu maintenant. » S’excusa l’elfe avec un air contrarié sur le visage.

Son visage.. ce n’est que maintenant qu’il réalisa pourquoi il avait mal et autant de sang sur la main. Il s’était fissuré tout seul. Un talent fou, dis donc. Lâchant un soupir quand il en eut fini avec sa propre blessure, l’elfe se redressa lentement et regarda les alentours comme s’il cherchait quelque-chose.

«  Je suis pas perdu cette fois. Ils.. ont la trouille de moi. Perd pas ton temps ici je risque encore de te faire mal. »

Grommela Siam en fixant ses yeux désormais dépareillés sur le sol, répondant à la question qu’on lui aurait inévitablement posée. Il avait approximativement 12 ans à l’époque, pas étonnant qu’on se demande ce qu’il fiche une fois de plus tout seul dans une forêt, bien qu’à Alfheim il coure assez peu de risques. S’attendant à entendre l’elfe s’éloigner, il fut surpris quand ce dernier se pencha dans sa direction pour lui tendre une main, s’offrant de l’aider à se relever. Quoi, et s’il lui faisait encore mal ? Il était complètement stupide ou quoi ? Le roux haussa un sourcil d’un air confus mais ne gagna qu’un sourire en guise de réponse. Inspirant un grand coup, il s’assura en touchant le sol d’avoir désactivé son mode ‘machine de guerre, à éviter à tout prix’ avant de prendre sa main et se redresser. Sans coupures cette fois, à son grand soulagement. Le brun faisait bien deux têtes de plus que lui, comme la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Mais les nymphes et les elfes ayant un rythme de vieillissement assez particulier, ce n’était pas étonnant que Siam n’aie pas beaucoup grandi entre ses 9 ans et maintenant. Peut-être que Lith était beaucoup plus âgé que lui, aussi. Difficile de le déterminer, avec ses traits on lui donnait la trentaine maximum, mais une fois de plus les apparences n’étaient pas très concluantes pour déterminer l’âge de ceux de leurs espèces respectives.

«  Tu peux rester avec moi si tu veux. C’est pas comme si tu risquais de me faire mal, ou du moins pas bien longtemps.
Ca laisse quand même des traces.
Le côté inesthétique ne m’effraie pas non plus. »

Il se contenta de lever les yeux au ciel en guise de réponse mais ne se plaint pas plus avant, marchant au côté de l’elfe qui l’emmenait vraisemblablement vers chez lui.

Aussi surprenant surprenant que ça puisse paraitre, Lith n’habitait pas une espèce de grotte dans un coin obscur et reculé de la forêt qui semblerait plus approprié pour un dragon grincheux de quelques centaines d’années. A vrai dire sa maison en bois était plutôt accueillante, avec des fleurs colorées dans l’entrée qui firent sourire le nix. C’était plus grand que ce qu’il aurait pensé, pour quelqu’un habitant seul, il y avait notamment un bâtiment annexe dont il ne comprit l’utilité que le lendemain, après avoir dormi dans la baignoire de l’elfe car il ne pouvait pas trop faire autrement. Il faisait grand jour, comme d’habitude à Alfheim, et le roux se séchait à l’aide de son pouvoir en sortant de la baignoire quand il lui sembla voir une ombre plutôt grande passer devant la fenêtre. Et ce n‘était pas la silhouette de Lith: il était moins grand que cela. Pas très rassuré lorsqu’il la vit passer à nouveau, le garçon s’habilla en quatrième vitesse pour aller prévenir son hôte, mais impossible de le trouver. Un soupir d’agacement lui échappa avant qu’il ne se décide à aller voir lui-même, sortant sur le pas de la porte pour regarder prudemment aux alentours. Il allait re-rentrer, ne voyant rien qui sorte de l'ordinaire, quand une grande ombre entra dans un coin de son champ de vision, le faisant sursauter. Il avait levé les mains en position défensive avant de constater qu’il s’agissait d’un cerf.

L’animal le regardait avec une certaine curiosité dans ses grands yeux bruns, et malgré ses bois imposants Siam était incapable de se sentir menacé. Appelez ça de l’inconscience ou simplement le fait d’être un nix, mais il ne pensait pas qu’un animal puisse lui faire de mal sans raisons. Si jamais il avait une tête de proie d’accord, ce ne serait que justice, mais face à un herbivore il se sentait très calme, quand bien même la bestiole le dépassait de deux ou trois têtes. Parfaitement immobile, il laissa le cerf s’approcher, humer l’air, déterminer s’il était dangereux ou non. Sans doute avait-il l’air un peu raide parce que lorsque Lith arriva, il ne put s’empêcher de pouffer de rire avant de lui expliquer que le cerf était son familier. Il dormait généralement dans le bâtiment annexe repéré par le nix le jour précédent et en principe ne l’agresserait pas. Haha. Heureusement, il ne lui avait rien fait, prenant bien soin de garder ses mains loin du museau qu’avait approché le cervidé pour ne pas risquer de lui faire mal. Toucher sa peau n’était pas quelque-chose de très prudent. Enfin ses mains en tout cas.

Lith fabriquait des arcs et taillait des manches en bois pour diverses armes, en plus de savoir soigner bon nombre de blessures en partie grâce à son don, c’était la façon dont il gagnait sa vie et il ne manqua pas d’en apprendre quelques rudiments à Siam bien que ce dernier aie au départ brisé la plupart de ses sculptures en bois sous le coup de la frustration. Quand ça s’éloignait beaucoup trop de ce qu’il essayait de faire et que l’agacement remontait à une vitesse folle, il n’avait que deux options. Ou ne pas lâcher et casser l’objet qu’il avait raté de toutes façons, ou le poser le plus vite possible ce qui généralement finissait par l’endommager aussi. Enfin c’est du moins le problème qu’il eut au départ, mais l’elfe s’assura de l’aider à contrôler son pouvoir pour ne blesser personne. Ou du moins ne blesser personne involontairement, avait-il ajouté. Au départ le roux avait haussé un sourcil: quoi, on peut vouloir blesser quelqu’un volontairement ? Sa naïveté était désarmante et Lith avait dû lui rappeler, bien que ça lui fasse un peu mal au coeur de briser tant d’innocence, que le monde était en guerre depuis que Zhakal ne voyait plus le jour et qu’Alfheim ne connaissait plus la nuit, depuis que Faronir avait sombré dans la folie. Alors oui, il y avait nombre raisons de blesser quelqu’un volontairement, à commencer par se défendre.

Au départ réticent, le nix se laissa néanmoins guider pour utiliser ses deux dons de façon au moins défensive. L’eau ne lui posait aucun problème à vrai dire c’était très naturel, sans doute car c’était le don commun à tous ceux de son espèce, il maîtrisait le liquide à peu près aussi bien que son propre corps, ça ne lui demandait que peu de concentration. Son don mineur en revanche était un vrai cauchemar. Principalement activé par l’émotion, il apparaissait quand le roux en avait le moins besoin, ou refusait parfois de se manifester sous sa volonté. Le premier cas était cependant le plus fréquent, et c’est comme ça qu’il se retrouva maintes et maintes fois à blesser l’elfe, se sentant coupable bien que ce dernier lui dise que ça n’était pas grave. Ca ne lui faisait pas mal longtemps, ce n’était rien qu’il ne puisse soigner. Il n’avait pas à s’en faire (mais il s’en faisait quand même).

Avec le temps les catastrophes se firent de moins en moins fréquentes et Siam commença à prendre confiance en ce second pouvoir qu’il préférait essayer de rejeter au départ. Il n’avait pas besoin de quelque-chose d’aussi destructeur et hors de contrôle, pensait-il, il n’avait pas besoin d’être un danger public. Mais maintenant qu’il savait comment le gérer c’était tout à fait différent. Maintenant c’était entièrement sa chose, il savait même en contrôler l’intensité, rien à voir avec ses débuts. Ca avait pris 6 ans et de nombreuses cicatrices sur les bras de Lith, mais ça en valait la peine. Il avait également acquis des capacités correctes en sculpture, bien qu’il soit très loin d’égaler la dextérité de l’elfe, il s’en sortait correctement pour faire des arcs et des manches de couteaux plutôt ouvragés. Mais hormis cela, force était de constater qu’à environ 18 ans il commençait à s’ennuyer de cette même forêt. Certes il avait accompagné Lith en ville plusieurs fois pour vendre les arcs et manches en bois qu’il sculptait, mais ce n’est pas non plus comme s’ils s’étaient amusés à faire du tourisme ou à y rester bien longtemps.

Disons que la curiosité poussa Siam à aller voir plus loin que cette forêt pourtant sécurisante qu’il connaissait maintenant par coeur. Après tout ce n’est pas comme s’il avait grand-chose à craindre de la contrée lumineuse de toutes manières. D’ailleurs l’elfe ne trouva pas grand-chose à opposer à sa décision, lui disant simplement de ne pas créer des fissures à tout va s’il voulait rester en dehors des emmerdes, parce qu’il avait beau être à Alfheim, ça arrivait à n’importe-qui de péter des câbles. Le roux lui fut reconnaissant de ne pas mentionner l’exemple de ses parents, bien qu’il lui soit très clairement venu à l’esprit. C’était sans doute stupide de sa part de vouloir éviter le sujet mais il n’avait clairement pas besoin de ce genre de pensées parasite de toutes façons. Il n’avait pas besoin que ces deux nymphes lâches et inutiles lui reviennent à l’esprit.

Leur réaction lui était toujours resté en travers de la gorge, oui.

Il prit la route avec pas grand-chose d’autre qu’une carte, des vêtements de rechange, quelques vivres et un poignard parce que Lith avait insisté là-dessus. Cadeau de départ. Il y avait un renard sculpté sur le manche, assez ironiquement aux yeux du nix mais il se passa de commentaires. Un peu mal à l’aise à l’idée de devoir trouver un point d’eau où dormir à chaque crépuscule s’il ne voulait pas être crevé le lendemain, il ne se laissa pas abattre pour autant. C’était handicapant, en cela, d’être un nix, mais un tel détail ne lui faisait pas peur. Au bout de quelques semaines de voyage il s’en accoutuma plutôt pas mal, il suffisait ne pas perdre de vue un torrent, une rivière ou un lac lorsqu’il planifiait son itinéraire du jour sur la carte. Lith lui avait fait promettre de revenir, et le roux en aurait presque levé les yeux au ciel: sérieusement, il n’était pas du genre à se barrer comme ça définitivement sans faire correctement ses adieux ou montrer le moindre signe de reconnaissance. Nesilia et Luvon étaient stupides et inutiles, certes, mais ils lui avaient tout de même inculqué des bases de politesse.

En voulant voir ce qu’il y avait ailleurs qu’à Alfheim, le nix préféra tout de même ne pas se risquer trop loin, ces histoires de guerre ne le mettant pas très à l’aise. Il n’était pas là pour se battre contre qui que ce soit, il n’avait pas envie de se battre. Son second pouvoir lui avait permis de très bien se rendre compte d’une chose: le sang le révulsait, il ne voulait pas en voir plus que ça. Il aimerait simplement que les choses puissent se calmer et retomber comme avant que Faronir ne pète un câble, ça serait 10 fois plus simple. Enfin ça ne voulait pas dire qu’il n’était pas prêt à faire mal au premier abruti le prenant pour une naïve créature facile à détrousser. C’est ailleurs comme ça que même si les terres libres lui semblaient être un bon compromis entre ‘Alfheim’ et ‘pas Alfheim’, il se retrouva à éviter le cimetière. Déjà c’était lugubre, ensuite il y avait fait une ou deux mauvaises rencontres au cours de sa première année de voyage et l’endroit s’était donc bien vite fait classer dans la catégorie ‘nope, do not want’. La première fois il avait flippé et fait demi-tour bien vite, la seconde fois il avait trouvé l’utilité du poignard de Lith. Oh pas qu’i les soit battu, haha, vous avez cru. Une blessure de diversion lui avait suffi pour trouver une ouverture et s’enfuir au plus vire pour éviter qu’on tente de le détrousser.

Au bout d’un an à voyager et faire de petit boulots ponctuellement pour tout de même gagner un peu d’argent, Siam tomba sur un endroit qu’il n’avait jusque-là pas visité. C’était indiqué sur la carte mais pour une raison obscure ça n’avait jamais été sur sa route et il ne s’était pas senti d’humeur à fair des détours. Pourtant en arrivant, force était de constater que l’endroit valait le coup d’oeil. Un arbre gigantesque se dressait devant les yeux ébahis du nix, levant ses larges branches vers le ciel toujours clair. Il devait avoir des centaines d’années, et sa dîme paraissait chatouiller les nuages. L’arbre de Faronir, parait-il. Il forçait le respect. Soudainement envahi d’un grand calme et se remettant lentement de son ébahissement, le roux s’avança dans le sanctuaire un sourire aux lèvres. L’endroit était vraiment apaisant, maintenant qu’il le savait il tenterait sans doute de s’y rendre plus souvent. Ca calmerait ses sautes d’humeur et ses pensées désagréables qui revenaient par cycles et lui faisaient plus mal qu’il ne voudrait bien l’admettre. A travers le feuillage les chats rayons du soleil pleuvaient sur sa peau, toutefois relativement atténués, et l’idée de faire une sieste par ici lui vint à l’esprit. Il devait bien y avoir un petit ruisseau ou équivalent à proximité pour que cet arbre aie autant grandi. Bien sûr l’essence de la Divinité n’y était sans doute pas pour rien, mais Siam peinait à imaginer l’endroit sans eau sous une forme ou une autre.

Peut-être qu’il s’y prenait mal, pour chercher. Décidant d’utiliser ce qu’il avait sous la main, le roux posa ses affaires non loin de l’arbre et commença tant bien que mal à escalader l’une des constructions l’entourant. En prenant un peu de hauteur il devrait mieux saisir les lieux dans leur ensemble, faire le tour à pied serait sans doute moins rapide, dans l’esprit du nix.  Au bout de 5 minutes il repéra effectivement un lac vers l’arrière du sanctuaire, certainement assez profond pour dormir immergé. Voilà qui était parfait. Il s’établirait ici pour dormir quelques temps, d’après la réputation des lieux il n’y avait pas grand-chose à craindre d’éventuelles violences, quand bien même c’était une terre libre accessible ‘légalement’ pour les habitants de toutes contrées. La luminosité baissait quand Siam termina de se déshabiller pour se glisser dans un lit d’eau et fermer les yeux après un dernier coup d’oeil à la surface qui redevenait progressivement lisse.

Son réveil fut.. moins calme qu’il ne l’aurait souhaité, disons. Comme toujours une lumière douce filtrait à travers l’eau, lui évitant d’être trop ébloui par l’éclatant soleil qui s’était levé, mais les bruits étouffés qu’il entendit traverser la surface lui plurent beaucoup moins. Ca venait de là où il avait posé ses affaires. Sauf qu’il n’avait pas de familier, personne ne voyageait avec lui, bref aucune raison que du bruit vienne de ce côté-là. Ayant déjà dû faire face à des voleurs, cette éventualité lui vint à l’esprit immédiatement et c’est avec mauvaise humeur que le roux émergea dans un sursaut, projetant un premier jet d’eau en direction du bruit pour sonner un peu l’intrus. L’ayant rapidement repéré, il bondit littéralement dans sa direction pour le plaquer à terre et couper court à toute tentative de fuite. Sérieusement, le faire commencer sa journée comme ça était le meilleur moyen de le rendre désagréable. Littéralement assis sur le ventre de l’inconnu, les mains appuyées sur ses épaules, il dégoulinait d’eau, n’ayant pas encore pris la peine de s’en débarrasser.

«  C’est mes affaires, lâcha-t-il sur un ton sec, elles sont pas en libre service. »

Ses yeux dépareillés emplis d’animosité tombèrent sur une expression plutôt embarrassée de la part de son interlocuteur. Ce dernier ne cherchait pas vraiment à se dégager, et son regard ne quittait pas celui du nix, un sourire nerveux aux lèvres. Il avait les mains ouvertes, paumes vers le haut, comme pour signifier ‘ je suis inoffensif je t’assure’, mais Siam n’était pas assez naïf pour prendre ça au sérieux. Il parcourut rapidement son visage pour essayer de déterminer à quelle espèce cette personne pouvait appartenir. Les yeux dorés ne faisaient pas très ‘humain’ en toute honnêteté, et ses dents un peu pointues allaient dans ce sens aussi, mais hormis cela aucun signe qu’il diffère des habitants de Tamaris. Sauf peut-être l’aspect improbable de ses cheveux noirs, un se demandait très sérieusement comment ils tenaient en place. Leur aspect hérissé paraissait assez surnaturel, est-ce que c’était des épines ? Il serait tenté de passer sa main dedans pour vérifier mais ce n’était pas le moment de se poser ce genre de questions.

« Qu’est-ce que tu veux ? » Demanda-t-il, voyant que l’autre ne réagissait pas.

Ce n’est pas non plus comme s’il comptait rester sur lui toute la journée. Peut-être avait-il une phobie de l’eau et vivait assez mal d’être plaqué au sol par un nix détrempée ? Possible.

«  Tu.. je croyais que tu étais mort, sous l’eau. »

Ah. Ouais, c’est vrai que pour quelqu’un ne connaissant rien des nymphes, voir une personne immobile sous l’eau était synonyme de ‘flûte j’ai trouvé un cadavre’. Et clairement, s’il était mort il n’avait plus besoin de ses affaires. Bon. Ne se sentant pas d’humeur  le menacer, avec l’aura apaisante du sanctuaire qui flottait toujours dans l’air, Siam finit par se dégager de l’inconnu et se débarrasser de l’eau qui lui restait dessus à l’aide de son contrôle sur l’élément. Rester trempé était un coup à tomber malade, même si la saison était plutôt chaude en ce moment. Le brun resta prostré quelques longues secondes avant de se redresser pour s’assoir en tailleur, s’arrangeant pour tourner le dos à l’Alfheim ce qui n’était pas forcément un choix très judicieux. Pas qu’il prévoie de faire quoi que ce soit pour attenter à sa vie, certes. Déjà la violence le révulsait en règle générale, et puis au Sanctuaire, il ne s’en sentirait de toutes façons pas capable.

«  Ok, pour ta gouverne les nymphes respirent sous l’eau, je ne suis pas un mort vivant.
Tu.. pourrais t’habiller, aussi, bredouilla l'inconnu
Ah. Chochotte. » Répliqua Siam en levant les yeux au ciel.

Effectivement, il ne dormait pas habillé. Jamais il ne comprendrait quel était le problème des autres espèces avec les vêtements, concrètement. Chez les nymphes c’était juste.. ornemental, disons, ou une protection nécessaire contre le froid. Mais ça ne rendait personne aussi embarrassé de croiser quelqu’un n’en portant pas. Lith lui avait dit que les gens pourraient se faire des idées en le voyant comme ça, mais lorsqu’il avait demandé quel genre d’idées l’elfe avait préféré esquiver l’explication. Bon. Qu’à cela ne tienne, il n’aurait qu’à s’habiller pour éviter tout souci. C’est d’ailleurs ce qu’il fit en l’espace de quelques secondes, enfilant le pantalon qu’il avait laissé plié à côté de son sac avant d’aller dormir.

«  Là, je suis décent. On peut s’expliquer, maintenant ? »

Déjà un peu plus d’aplomb, le présumé voleur lui expliqua rapidement qu’il l’avait cru mort et que du coup ses affaires ne pourraient pas lui manquer. Raisonnement qui tenait la route, et s’il avait été mort Siam ne lui en aurait d’ailleurs certainement pas voulu, seulement ce n’était pas le cas. Passées les maladresses et la gêne du début, une conversation plutôt agréable s’engagea, à la grande surprise du roux d’ailleurs. Son interlocuteur s’appelait Kai et venait de Zhakal. Au départ le nix avait affiché une grimace méfiante à la mention de la contrée obscure, peu inspiré par cette perspective. Certes, le sanctuaire le protégeait en quelques sortes d’une éventuelle agression, mais ce n’est pas pour autant qu’il se sentait en confiance en présence de quelqu’un vivant du côté violent de Mysidia.  Pourtant le jeune homme lui avait assuré qu’il n’avait rien à craindre, et si Siam avait au départ insisté pour garder une distance prudente entre eux, ils l’avaient vite dépassée. Ca allait très bien. Kai était plutôt sympathique, bien que ses occasionnelles pointes d’humour soient assez moyennes, provoquant plus de ricanements de pitié que de rires francs de la part de son interlocuteur.

Ils décidèrent de manger ensemble, n’ayant ni l’un ni l’autre quoi que ce soit de très important à faire dans la journée. Surtout le nix qui était tout à fait libre concrètement, n’ayant pas de réelles obligations sinon trouver un point d’eau pour dormir. Et comme il en avait déjà un, pas de souci à se faire. Peut-être qu’il prendrait la direction de Navia le lendemain, ça faisait un bout de temps qu’il n’y avait pas mis les pieds et la ville ne lui avait pas laissé de souvenir désagréable. Ils laissèrent la journée s’écouler au fil de leur discussion, passèrent un temps dans l’eau où Siam montra à Kai que concrètement il ne pouvait pas mourir dans son sommeil, les nymphes respirant assez correctement sous l’eau. C’est en parlant de leurs espèces respectives qu’il apprit avoir affaire à un nogitsune. D’ailleurs le Zhakal lui montra bien volontiers sa forme animale, un renard au poil pelucheux d’un gris presque noir, une couleur que le roux n’avait jamais vue mais qui aidait apparement bien à se camoufler dans les ombres de Zhakal. Effectivement, ça attirait moins l’attention que le poil habituellement flamboyant des renards qu’il avait croisés jusque là.

Passée cette entrevue ils retournèrent chacun à leur côté de Mysidia, en se disant que ça serait chouette s’ils pouvaient se revoir au sanctuaire, désignant plus ou moins consciemment le lieu comme un point de rendez-vous. Siam ne se souvenait pas clairement s’il avait pris cette proposition très au sérieux sur le moment, mais ça ne l’avait pas empêché de revenir au sanctuaire ponctuellement, même après avoir trouvé un emploi assez stable du côté de la capitale, Symphonia. L’accès n’était pas facile mais impossible de nier que l’endroit était à couper le souffle. Il avait réussi à se faire engager par une fée couturière du nom d’Hikari qui avait visiblement besoin de mains supplémentaires pour certaines tâches. Elle offrit qui plus est le gîte et le couvert au nix, voyant clairement qu’il peinerait à se loger et surtout trouver un endroit où dormir avec la contrainte qu’était l’eau, maintenant qu’il était en ville. Difficile de dire si la fée avait un grand coeur ou simplement pitié de lui, dans les deux cas cracher sur on aide n’était clairment pas envisageable.

Bien sûr si le roux avait quelques compétences en matière de sculpture sur bois et pouvait désormais aisément empêcher son pouvoir de lui échapper, il n’y connaissait strictement rien en couture. Ce n’est donc pas en tant que tailleur qu’il aida Hikari, mais plutôt en tant que sorte de nix à tout faire, disons que les tâches ingrates lui étaient déléguées pour laisser plus de temps à la fée de gérer ses commandes. Hikari était une femme plutôt douce, avec de très beaux yeux dorés mis en relief par de longs cils noirs. Sa peau métisse portait quelques cicatrices sans importance, la plupart étant petites et au niveau des mains à force de faire des erreurs de couture dans sa jeunesse comme elle le lui avait raconté. Surtout qu’à une époque, maîtrisant assez mal son changement de taille, elle avait tendance à reprendre sa forme originelle en sursautant, et les aiguilles à taille humaine c’est plutôt effrayant quand on mesure pas plus de 10 cm de haut. Ce qu’on remarquait le plus chez elle, hormis son sourire qui semblait littéralement rayonner, c’était sans doute ses longs cheveux inexplicablement toujours coiffés à la perfection. Leur couleur vert pastel se démarquait et détonnait particulièrement à côté des mèches rousses de Siam. D’ailleurs elle avait peiné à croire qu’il était une nymphe au départ, malgré ses oreilles pointues, sa couleur de cheveux étant assez inhabituelle. Son interlocuteur s’était retenu de lever les yeux au ciel ou grogner quelque-chose de désagréable: on lui avait déjà tellement fait la remarque.

Mais contrairement à certains, Hikari ne pensait pas à mal.

Le logeant dans une chambre de libre de sa maison à Symphonia, elle préparait également des repas pour deux et le payait certes peu mais ce n’était que justice. Après tout il doutait de trouver une employeuse lui offrant un salaire en plus du gîte et du couvert. Les tâches du nix consistaient en comptes à tenir, commandes à passer à des fournisseurs ou livraisons de vêtements à effectuer pour des clients. Il se chargeait également du ménage, chose pas terriblement compliquée avec son contrôle sur l’eau bien qu’il aie provoqué quelques catastrophes dans ses débuts, provoquant étonnamment peu de colère de la part de la fée. Elle semblait particulièrement patiente, supportant les sarcasmes parfois mordants de son employé sans ciller. Principalement parce qu’ils n’étaient pas dirigés contre elle, au fond Siam l’aimait bien. Elle lui avait même passé des pommades sur sa cicatrice au visage pour améliorer l’aspect de celle-ci, et il fut bien obligé d’admettre qu’elle s’y connaissait bien parce que la couleur rose et l’apparence enflée de la chose avait largement réduit grâce à ses soins.

Lorsque le nix se retrouvait désoeuvré, Hikari l’occupait en lui apprenant des ses de couture, et s’il était relativement doué avec du matériel de sculpture entre les mains, les fils et aiguilles n’étaient clairement pas son fort. Ses nombreux accidents où l’aiguille lui traversait la peau ou écorchait la main parce qu’il s’y prenaient mal lui apprirent que la fée avait comme Lith un don de soin. Décidément, il avait une chance folle avec les gens chez qui il se retrouvait à habiter, mine de rien. Bon hormis Nesilia et Luvon, certes, mais ces deux-là lui étaient sortis de l’esprit depuis le temps. Ou plutôt il avait mis ce douloureux rejet dans un coin de son esprit, préférant ne pas se rappeler l’effroi dans les yeux de Nesilia. Il enterrait surtout l’impression douloureuse d’être un véritable monstre pour ceux qui l’avaient pourtant élevé, le berçant longuement dans l’illusion qu’ils l’aimaient, qu’ils tenaient à lui, qu’ils seraient là pour le guider à travers ce qui lui poserait problème en grandissant. Dire qu’il y avait cru. Dire qu’il leur avait fait confiance.

Foutus menteurs.


A toi maintenant. Qui es-tu?


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Sin of Wrath
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Ven 30 Déc - 3:45

SIAM FERNORIS


Nom : Fernoris
Prénom(s) : Siam BITTER
Âge :  15 ans environ 28 ans, mais personne le croit
lieu de naissance : Lotus orange swag ;D
Sexualité : EW INTENSIFIES
Statut/métier : Larbin d'un service de livraisons lol, parfois ça l'entraîne dans des endroits excessivement louches.
Famille : Non. Ils n'en valent pas la peine. Juste non.
Race :Nymphe NON
Groupe : PAILLETTES & LUMIÈRE
Pouvoir primaire : Contrôle de l'eau, celui qu'il maîtrise le mieux. Après c'est limité par sa fatigue et la masse d'eau manipulée. Il n'en crée pas, il lui faut de l'eau sous la main sinon ce don est inutile. A noter qu'il ne la gère que sous forme liquide.
Pouvoir secondaire : Création de fissures. J'expliquerais bien que ça part du principe de résonance mais ça va prendre du temps /pan/ Rapidement, au contact, Siam peut créer des fissures sur n'importe-quelle surface, plus ou moins profondes et étendues en fonction de l'énergie qu'il y met, sa concentration et la résistance de ladite surface. 'Fissurer' de la peau est moins difficile que de fissurer un rocher, par exemple. Pour l'instant il ne peut les provoquer qu'avec ses mains, mais peut-être qu'en y travaillant il pourrait le faire avec ça avec n'importe-quel endroit de sa peau.
Malus : Obligé de dormir dans l'eau pour être reposé + ne doit pas s'exposer trop longtemps au soleil.
Concernant son second pouvoir, c'est un peu plus drôle. Disons que s'il le sur-utilise le don est littéralement hors de contrôle. Il sera incapable de l'empêcher de s'activer sans prévenir ou au contraire, de provoquer son activation pendant un moment. Des fissures se mettront à apparaitre sur sa propre peau, généralement au niveau des mains, et ça fait franchement un mal de chien. Le don s'active aussi parfois comme sorte de mécanisme de défense lors d'émotions fortes, même si c'est de plus en plus rare.
Catalyseur : Une épaisse écaille verte aux reflets dorés dont il ne prend absolument aucun soin. L'a déjà perdue à plusieurs reprises, elle est usée sur les bords.
Familier : Mu, un serpent blanc aux yeux rouge plus long que Siam n'est grand et certainement venimeux. Il n'est toutefois pas énormément épais et passe généralement ses journées enroulé au bras du nix ou passé par dessus ses épaules comme.. un boa, haha.



CARACTÈRE

I'm so tired.. or maybe just bored, I can't tell the difference when I'm talking to you


Siam n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un classique, pour l’espèce des nymphes. Déjà rien qu’à le regarder, si on ne voit pas ses oreilles pointues, on se permet d’émettre des doutes et puis les nymphes c’est pas que des femmes?. Je vous arrête là sur les clichés: fleurs et paillettes, c’est pas exactement son délire. enfin, arrachez les pétales d’une marguerite sous ses yeux et il proposera avec le sourire de vous arracher les vôtres Joie de vivre non plus, pour un peu il dirait que ça le rend malade. Ca le fatigue, plus précisément. Par définition, Siam est fatigué. Peut-être a-t-il trop couru partout dans sa vie, peut-être qu'il devrait allonger son temps de sommeil, peut-être qu’il en a simplement assez d’être entouré de personnes n’ayant de cesse de déblatérer des âneries, aussi. En général, au premier abord, Siam n’a pas d’estime pour vous. C’est son default mode, de ne s’attendre à rien de bon venant des gens. Oh pas qu’il soit toujours particulièrement désagréable, cela dit. Si on ne lui donne pas de raison de l’être, le nix est relativement désabusé mais pas non plus amer. Ca ne l’empêchera pas de vous lancer des piques sarcastiques de façon régulière en arborant un sourire en coin pas toujours très sympathique: il ne sait pas faire autrement. Cependant sachez qu’honnêtement, ça, c’est sa meilleure humeur.

Plutôt instable, l’Alfheim serait particulièrement explosif s’il n’enfermait pas ses émotions à double-tour pour les empêcher de n’en faire qu’à leur tête. Ressentant les choses assez violemment, il a parfois du mal à être rationnel et ne pas se laisser consumer par ce qu’il ressent. Ca peut le mener à utiliser ses mots comme des poignards, rien à voir avec ses ‘gentilles' moqueries habituelles, comme le mener à être tout à fait ridicule selon ses standards. Disons que s’il ne se surveillait pas attentivement, il pourrait bien se mettre à pleurer parce que son serpent -pauvre bête- n’a pas de pattes et ça ne doit pas être bien pratique. Voyez l’étendue de la chose. C’est un peu comme ça qu’il est quand la fatigue s’accumule, d’ailleurs. Une petite chose un brin fragile qui s’accrochera sans doute  la première personne venue pour lui faire un câlin parce qu’il est soudainement en manque d’affection. Pas qu’une catastrophe comme lui en mérite, mais bon. Cela dit c’est le genre d’épisodes dont il préférerait ne pas se souvenir, une fois de nouveau en état de penser il se mettrait sans doute des baffes: qu’est-ce qui lui a pris d’être aussi stupide ? Laisser les gens l’approcher de trop près n’est clairement pas ce qu’il préfère. Relativement farouche de nature, il garde par réflexe une distance méfiante, surtout quand votre tête ne lui revient pas, ayant appris à se montrer prudent quand il s’agissait de placer sa confiance en quelqu’un. Il ne veut plus de mauvaises surprises, il est largement assez désabusé comme ça. C’est une sorte d’animal sauvage ayant déjà eu de mauvais rapports avec l’homme: l’apprivoiser prend un certain temps. Il a même tendance à virer passif-agressif, à l’occasion.

Etrangement, Siam donne à tort l’impression d’être très sûr de lui en général. Sans doute parce qu’il n’hésite jamais à vous faire savoir le fond désagréable de sa pensée. Ce n’est pas comme si quelqu’un allait le faire à sa place, de toutes façons. C’est peut-être aussi dû à son absence d’hésitation quand il s’agit de faire des entorses à la morale. Le nix ne se sent pas très concerné par celle-ci: quelque-chose qui ne sert pas ses intérêts lui est inutile, c’est tout. C’est là qu’il cesse de se poser des questions métaphysiques. De toutes façons il ne sera jamais qu’un échec, pas la peine de faire semblant Doté d’un certain sang-froid, les situations dangereuses ne sont pas très promptes à le faire paniquer. D’une part parce qu’il fait assez peu cas de sa santé, de l’autre parce qu’il en a vues d’autres. Vous ne l’impressionnez pas, il a déjà eu plus mal que ce que vous pouvez lui faire. Ou alors il est dans le déni. Et puis sa désinvolture ne l’empêche pas d’avoir une réflexion assez vive pour trouver des solutions lui permettant d’esquiver le problème. De toutes façons, quand bien même il serait blessé, Siam fait assez peu cas de sa santé alors ce n’est pas ce qui va l’inquiéter. Pour un peu je dirais qu’avec son penchant pour la destruction, ça l’arrange. Oh, et j’ai mentionné son manque d’estime pour vous, mais ce n’est pas comme s’il en avait beaucoup pour lui-même. Il est cassé, quelque-part, y’a des coupures qui se sont pas entièrement refermées Avec le nombre d’emmerdes dans lesquelles le nix s’est précipité en se montrant idiot, il sait qu’il y a pas mal de choses à améliorer et ne dira jamais non si on propose de lui apprendre quelque-chose; c’est juste plus simple se se donner un air de connard arrogant.

Cela dit Siam sait se montrer reconnaissant, si on lui apporte une aide utile, tout comme il rechigne moins à apporter la sienne que ce à quoi on pourrait s’attendre. C’est le genre de personne à vous tirer du pétrin en vous traitant d’attardé quand même. Quoi, vous vous attendiez à des mots doux, de la compassion, et à ne pas en prendre pour votre grade ? Même si vous étiez à l’article de la mort, il peinerait sans doute à retenir ses sarcasmes.



PHYSIQUE

I'm a problem that doesn't wanna be solved, so could u please hold ur applause ?


Si Siam vous dit qu’il a presque 30 ans, vous allez sans doute lui rire au nez. Non, parce que faut pas déconner: il ne fait pas du tout son âge. C’est à peine si on a l’impression qu’il est majeur. La faute au rythme de vieillissement particulièrement lent des nymphes qu’il maudit presque quotidiennement. Peut-être qu’avec les années il finira par l’apprécier, mais pour l’heure ça ne joue pas réellement en sa faveur. De taille moyenne, Siam a la peau claire et des oreilles pointues caractéristiques de son espèce. Il est construit en finesse ce qui ne lui donne pas l’air très menaçant, mais concrètement c’est quelqu’un qui saura s’en tirer pour se défendre si on cherche par exemple à le détrousser. Ce ne serait pas la première fois. Et le fait qu’on le sous-estime par réflexe joue généralement en sa faveur.

Passé son air excessivement jeune pour l’âge qu’il prétend avoir, le nix a une apparence assez particulière. Ca commence avec ses cheveux. Lisses, généralement ébouriffés et d’un roux très vif pas du tout dans les standards des nymphes à l’origine. Comme si ça ne suffisait pas, suite à un évènement particulièrement stressant, tout le côté droit de sa chevelure a viré au blanc. Autant dire que s’il voulait disparaitre dans une foule, il n’y aurait clairement pas moyen: c’est comme s’il avait un panneau ‘je suis là’ sur la tête. En y regardant de plus près, on peut remarquer que ses yeux non plus n’ont pas la même couleur de chaque côté. Le droit est brun-rouge, sa couleur d’origine, mais le gauche est d’un bleu laiteux très pâle qui n’est pas exactement synonyme de santé. Et pour cause: Siam n’y voit pas très bien de ce côté-là, disons que le monde est relativement plus flou, relativement plus sombre aussi, mais il s’en sort pour se repérer tout de même, avec l’habitude. De toutes façons il ne peut pas s’en plaindre: c’est de sa faute. Vous voyez cette large cicatrice qui ressemble à une brûlure ? Ce n’en est pas une. Il s’est fait ça tout seul, sans vraiment s’en rendre compte, lorsque son second pouvoir était passé hors de contrôle. Heureusement elle s’estompe progressivement avec le temps. Le truc c’est que ce n’est pas la seule. Ses deux épaules et omoplates portent des cicatrices similaires mais plus récentes à l’aspect déjà moins engageant. Il a également une cicatrice laissée par les crocs d’un loup immense autour de l’épaule droite. Cela dit la coupure ayant été plus nette, elle est moins désagréable visuellement..  enfin c’est pas comme si vous alliez la voir de toutes façons. Il n’aime pas qu’on la remarque, des souvenirs passablement désagréables y étant attachés.


HISTOIRE

Filled my heart with novocaine & now I'm just numb


Heureusement, comme mentionné plus tôt ces deux échecs ne lui occupaient pas beaucoup l’esprit. Non, au lieu de ça il lui arrivait souvent de dériver vers Kai, se demandant s’il s’en tirait correctement à Zhakal. Parce que ne connaissant que des histoires et rumeurs effrayantes courant à propos de cette contrée, le nix ne pouvait que s’en faire. Ponctuellement son employeuse lui laissait donc quelques jours de libres pour aller faire un tour du côté du sanctuaire à un moment random chaque mois en espérant que le hasard lui permette de croiser une fois de plus le chemin du Nogitsune. Après plusieurs tentatives infructueuses il sembla que la chance finisse par lui sourire, et il put convenir d’une date précise pour se donner rendez-vous. Plusieurs fois ils faillirent dormir sur place, Kai étant particulièrement enthousiaste en la présence du nix et insistant lourdement pour qu’il reste ‘encore 5 minutes’, et les 5 minutes tournaient en 10 minutes, puis en une heure, et à chaque fois il se retrouvait en retard sur son programme de retour. Pas qu’il puisse sincèrement en vouloir au brun pour ce genre de détails, cela dit. Hikari le sermonnait ponctuellement sur son retard parce qu’elle s’en faisait pour lui et était particulièrement à cheval sur les horaires, mais rien de grave. Et puis au fond ça lui faisait plaisir de savoir qu’elle s’inquiétait réellement de son sort.

Il devait avoir une vingtaine d’années quand lors de l’une de ses visites, Kai lui proposa quelque-chose d’inédit. Aller brièvement faire un tour à Zhakal, chose qu’il n’aurait sans doute jamais imaginé faire tout seul. Principalement parce que malgré sa grande curiosité par rapport au monde l’entourant, le nix n’était naturellement pas particulièrement tenté par la contrée obscure. L’idée de ne rien y voir l’inspirait très limite, surtout que le plus obscur qu’il connaisse était le crépuscule, et son ami lui avait assuré que généralement, là-bas, c’était nuit noire.

Néanmoins, force était de constater que Kai savait se montrer très convainquant quand le besoin se faisait ressentir. Ils n’avaient pas besoin de rester très longtemps, disait-il, et puis il suffirait de ne pas s’aventurer trop loin pour pouvoir revenir vers le sanctuaire rapidement en cas de pépin. Personne n’était capable de faire quoi que ce soit de bien violent, au Sanctuaire, chose que le nix pouvait confirmer. C’était sans doute ce qui l’avait empêché d’utiliser son second don pour déchirer la peau du nogitsune par réflexe lors de leur première rencontre. En définitive il n’opposa pas beaucoup de résistance, pensant qu’après tout mettre les pieds à Zhakal pour une petite heure ne pouvait pas être si terrible. Et puis il voulait voir ces étoiles donc son ami n’avait de cesse de lui parler. Les rares fois où il avait effectivement dormi au sanctuaire, le roux s’était endormi au crépuscule et réveillé à l’aube, ratant ainsi la période où les astres étaient visibles. La seule étoile qu’il connaissait était le Soleil, avec sa présence éblouissante qui occultait les autres, et il devait bien admettre qu’à la longue, c’était lassant.

Alors il suivit Kai vers sa contrée natale, quittant la zone du sanctuaire tandis que le ciel devenait progressivement de plus en plus sombre. Ils escaladèrent une côte escarpée pour atteindre un point d’observation, et ce malgré les protestations du roux qui objectait que si personne ne s’en prenait à eux ici, cette fichue côte les tuerait, en revanche.  Effectivement il avait de quoi s’inquiéter, avec les rochers plus ou moins instables qu’ils durent contourner pour ne pas trop risquer leur peau et le nombre incalculable de fois où Siam avait cru tomber car l’une de ses prises ne résistait pas à son poids. Je vous laisse imaginer sa nervosité: faire de l’escalade ne l’enchantait pas, mais faire de l’escalade dans le noir ?

C’était une horreur.

De son côté, Kai était tout guilleret, le guidant pour qu’il s’en sorte, désignant des ‘crevasses qui pourraient les tuer s’ils y tombaient’ avec un grand sourire et lui assurant qu’il avait une chance incroyable: c’était presque la pleine lune, l’astre les éclairait ‘bien’. Pour Siam, ce ‘bon éclairage’ se résumait à lui permettre de distinguer des contours, des ombres et des formes en noir et blanc, ses yeux d’Alfheim n’étant pas habitués au manque de lumière. Son ami, en revanche, s’en tirait admirablement. Lorsqu’ils atteignirent le haut de la côte, il ne semblait même pas fatigué. Rien à voir avec le nix reprenait son souffle, allongé sur le dos, ayant à vrai dire plus souffert de son stress dû à l’obscurité que de l’ascension en elle-même. Et puis soudainement il s’intéressa à ce qu’il y avait au dessus de sa tête, à savoir un ciel dégagé et d’un noir d’encre piqué de points lumineux qu’il n’avait jusque-là pas remarqués. Il y avait également un point immense, et ce devait-être ce que le nogistune appelait ‘Lune’.

«  C’est ça, les étoiles, Kai ? »

Demanda-t-il au bout d’un moment de silence, tournant la tête vers l’intéressé qui était lui aussi sur le dos, ses yeux dorés perdus parmi les points lumineux au dessus de leurs têtes. Répondant positivement, il commenta sur l’absence de nuages et répéta que le nix avait de la chance que ce soit comme ça, aujourd’hui. Ce dernier était à vrai dire incapable de répondre, retenant presque son souffle comme si le spectacle offert par le ciel risquait de disparaitre d’un instant à l’autre. C’était des milliers de soleils qui scintillaient autour d’eux, partout où il portait son regard, leur éclat à peine occulté par celui de la Lune. Il n’avait jamais rien vu de tel. Ca le ferait presque regretter de ne pas avoir mis les pieds à Zhakal plus tôt. Ses appréhensions oubliées, il se laissait absorber par cette vue sans pareil, oubliant complètement la notion de temps.

Kai s’était mis à parler, voyant que l’Alfheim ayant limite perdu son souffle, il devrait faire la conversation tout seul. Il lui désigna des constellation, en connaissant un rayon à leur sujet et plutôt heureux de mettre à profit ce savoir qu’on avait toujours qualifié d’inutile. Il lui apprit que cette étoile brillante s’appelait Vénus, la plus belle, le fit voyager entres des constellations de cygnes, de lyres et de dragons, racontant occasionnellement les légendes qui les entouraient. La part de vérité qu’il y avait dans ces histoires ? Oh le brun n’en savait rien, mais il savait que ça lui plaisait de les raconter. Il aborda les cycles de la Lune, expliquant ce qu’il voulait dire par ‘pleine Lune’ et laissa son monologue ponctué par des ‘hum’ de la part de Siam dériver vers les fêtes traditionnelles de Zhakal qui étaient liées à cet astre. L’aspect morbide de l’une d’entre elles fit bien grimacer le roux, et il se redressa sur ses coudes pour jeter un regard incrédule à son interlocuteur.

«  Et vous appelez ça une fête ?, interrogea-t-il d’un air perplexe
-Haha, c’est culturel Siam, alors bien sûr ~ » , répondit-il sans le moindre dégoût, une lueur d’amusement dans ses yeux dorés.

Parfois, il oubliait à quel point l’innocence du nix était désarmante.

Finalement ce dernier lança qu’il était temps de filer: il ne savait absolument pas depuis combien de temps ils étaient ici, mais il préférerait ne pas prendre le risque d’inquiéter Hikari. Surtout que la fée ne manquerait pas de lui faire des remontrances sur son manque de ponctualité et le sang d’encre qu’elle s’était fait pour lui. Apparemment elle peinait à comprendre qu’il était adulte et capable de se gérer. Sans doute parce qu’il donnait l’impression d’avoir 13 ans alors qu’il en avait 20. Ou peut-être que ses nombreuses maladresses en couture n’étaient en rien pour lui donner l’air adulte et responsable, aussi. Parfois il regrettait vraiment que le vieillissement physique des nymphes soit aussi lent: être pris au sérieux au moins une fois sur deux lui faciliterait vraiment la vie.

Ils entamèrent la descente, toujours dans le noir, Kai passant en premier pour ‘montrer le chemin’, prétendait-il. Enfin quand il ne voyait même pas où il mettait les pieds, le roux ne voyait clairement pas ce que pouvait bien lui montrer son ami, en toute honnêteté. C’est sans doute pour ça qu'il se retrouva à déraper sur une prise instable que le nogitsune n’avait spécifiquement pas prise parce qu’il savait que c’était une mauvaise idée. La suite des évènements est assez floue dans l’esprit de Siam. Il se rappelle d’une vive douleur au niveau de l’épaule, comme si des lames avaient traversé sa peau. Il se rappelle d’une masse immense compressant autour de la blessure, et d’une quantité inquiétante de sang. Il se rappelle de la panique dans la voix de Kai qui avait appelé son nom à plusieurs reprises pour le garder conscient, alors que s’il avait bien envie de quelque-chose, c’était de dormir et d’oublier qu’il avait mal.

Quand il disait que cette foutue côte le tuerait.

C’est dans une sorte d’état second qu’il vit le chemin jusqu’au Sanctuaire à pas aussi précipités que possible pour l’état dans lequel il était, soutenu par un nogitsune franchement paniqué. Il épongea le sang avec ce qui lui tomba sous la main, à savoir des vêtements, et les utilisa également pour lui faire un bandage de fortune qui tiendrait le temps de trouver quelqu’un sachant gérer ce genre de blessures. Ce fut sans doute la première fois que Kai s’aventurait aussi loin en territoire Alfheim, et la lumière lui était honnêtement très désagréable, mais c’était le moins qu’il puisse faire. C’était après tout de sa faute si Siam était dans un état pareil. Hors de question de le laisser se débrouiller. Il fit route avec lui jusqu’à Symphonia où Hikari avait eu cette fois-ci de sérieuses raisons de s’inquiéter. D’une part parce que le voyage retour avait pris un jour de plus qu’à l’accoutumée, et d’autre part parce que le nix était effectivement blessé, cette fois-ci.

«  Ca ressemble à une marque de morsure, dit-elle en nettoyant les plaies, pas une blessure issue d’une chute de pierres.
-C’est pourtant bien ce qui -aïe- s’est passé, répondit Siam en grimaçant un peu,  enfin après que j’aie glissé comme le génie que je suis.. » ajouta-t-il avec une expression maussade

Kai hochait distraitement la tête puis laissa entendre qu’il ferait bien de rentrer à Zhakal au plus vite: il ne serait pas étonné que l’on prenne mal sa présence à Alfheim. Après tout les contées étaient en guerre, et puis le brun avait bien remarqué la légère grimace de la fée en le voyant: il n’était pas le bienvenu ici. Il faisait tâche. C’est donc après un regard appuyé et un brin coupable à la blessure du nix qu’il quitta les lieux, visiblement perturbé. Peut-être était-ce le sang, ou l’aspect assez peu engageant de ses coupures ? A vrai dire Siam était incapable d’utiliser son bras droit maintenant, tout mouvement sollicitant son épaule lui causant une vive douleur. D’après Hikari c’était vraiment profond.  Trop profond et trop net pour être l’oeuvre des pierres pointues sur lesquelles il se rappelait pourtant être tombé.

Elle se faisait sans doute des idées.

Le mois suivant, Kai n’était pas au Sanctuaire. Le roux s’était pourtant assuré de venir à la date convenue, mais il eut beau attendre de longues heures, personne ne venait. Peut-être avait-il oublié. Peut-être avait-il rencontré un problème en venant. Trouvant l’idée tout à fait plausible, Siam ne se fit pas plus de souci que nécessaire. Mais lorsque le mois suivant il n’y eut personne non plus, il commença à s’inquiéter. Etait-il arrivé quelque-chose au nogistune ? Deux fois d’affilée à la même date, son absence ne pouvait pas n’être due qu’à un malheureux hasard. L’idée d’aller voir s’il le trouvait à Zhakal traversa l’esprit du nix, mais elle le quitta aussi vite qu’elle était venue, une désagréable sentiment de danger lui retournant l’estomac rien qu’à l’idée de traverser la frontière. Non, il ne pouvait pas aller là-bas. Ca ne lui apporterait sans doute que des emmerdes, comme la dernière fois. Sa blessure le faisait toujours souffrir. Apparemment, si les rochers avaient été plus lourds, il aurait certainement perdu son bras à cause de la pression. Ce n’était pas le moment de se mettre en danger sans raisons valables.

Il revint néanmoins, toujours à la même date, mais avec le temps force était de constater qu’il perdait espoir. Au bout d'un an, il n’y croyait vraiment plus. Au bout de deux, il se demandait pourquoi il venait toujours. Kai était sans doute mort, pour ce qu’il en savait. Le roux préférait repousser dans un coin de son esprit toute autre possibilité, comme quoi il avait fini par se lasser de lui, après tout ce n’est pas comme si l’Alfheim avait un jour eu quoi que ce soit d'intéressant. Ou bien comme quoi il s’était passé quelque-chose d’étrange, à leur dernière rencontre, en plus de la chute de pierres. Ses souvenirs de l’évènement étaient tellement flous à vrai dire, parfois il se demandait si ça n’avait pas été qu’un rêve. Mais les larges cicatrices au niveau de son épaule droite lui rappelaient que ça n’avait rien d’imaginaire. Il avait toujours mal quand il faisait des mouvements trop brusques, mais au moins pouvait-il à nouveau porter des colis pour Hikari, ou coudre ce qui n’était pas trop compliqué quand elle avait besoin de mains supplémentaires. Concrètement, rien d’essentiel n’avait changé pour lui.

Rien sinon que tout le côté droit de ses cheveux était devenu blanc.

Ca n’avait pas l’air de vouloir partir, ceux qui repoussaient étaient blancs aussi, et il avait fini par en conclure que le choc avait été en quelques sortes trop grand pour que son corps s’en remette. Ce serait sans doute permanent. Au bout de la troisième année il abandonna l’idée d’aller au Sanctuaire, se disant qu’après tout si Kai était en vie et voulait le voir, il savait où le trouver. Il ne prévoyait pas de quitter Symphonia de si tôt, mais lorsque Hikari reçut la visite d’un vieil ami à elle, Jahael, un ‘détail’ lui revint violemment en pleine figure. Lui aussi, il avait quelqu’un à aller voir, maintenant qu’il y pensait. Ca faisait bien 5 ans qu’il n’était pas retourné du côté du jardin d’Eden.

5 ans qu’il n’avait donné aucune nouvelle à Lith.

La fée ne vit aucun problème à lui donner un mois de libre, le temps de faire le voyage aller-retour mais aussi de rester quelques temps là-bas. Après tout on ne rattrape pas 5 ans sans se voir en une journée. En toute honnêteté, il espérait simplement que Lith soit toujours en vie, à son arrivée. Les gens semblaient avoir une forte propension à disparaitre de sa vie en ce moment, mais il vivrait assez mal que ça soit le cas de Lith également. Surtout qu’il était parti sans avoir la moindre idée du temps de vie qu’il pouvait bien lui rester. Comme mentionné précédemment, évaluer l’âge des elfes était à peu près aussi compliqué que pour les nymphes et les dragons, aussi ne savait-il rien du point auquel le brun était proche de sa fin. Et bien sûr, il n’avait pas osé demander son âge.

Mais en arrivant à proximité du jardin d’Eden, il regretta que certaines personnes, en revanche, ne disparaissent pas.

Nesilia et Luvon se tenaient non loin de l’orée de la forêt, lui tournant le dos et visiblement concentrés sur quelque-chose plus bas qu’eux. D’ici Siam ne voyait pas ce que c’était, parce que leurs corps lui bouchaient la vue, mais c’était loin de représenter une priorité à ses eux. Non, la priorité était de ne surtout pas avoir à engager la conversation avec eux. Car il avait beau avoir grandi, il avait beau avoir dans les 23 ans -quand bien même on lui en donnait 15 au visu-, il serait incapable de se retenir de leur cracher du venin au visage. Après peut-être ne le reconnaitraient-ils pas. Un goût amer lui revenait dans la bouche. Ouais, après tout ce n’est pas comme s’il avait un jour eu de l’importance pour ces attardés. Surtout qu’avec sa cicatrice et ses cheveux blancs, son aspect général se retrouvait complètement différent de ce qu’il avait été.. Pas une raison pour les approcher, cela dit. S’ils ne le reconnaissaient pas, lui les reconnaissait très bien, et être le seul dans ce cas ne ferait qu’ajouter à son amertume.

Prenant l’option la plus safe, à savoir rester à distance, il se laissa glisser jusqu’en position assise, le dos contre un tronc d’arbre qui le cacherait à la vue des nymphes. Si ces deux-là le reconnaissaient, est-ce qu’ils fuiraient ? Est-ce qu’ils le regarderaient avec la même terreur que la dernière fois ? Est-ce qu’il serait encore obligé de faire face à ce déchirant sentiment de rejet qui l’avait déjà précipité au fond du gouffre une fois ? Lorsqu’il entendit une voix qui n’était ni celle de sa ‘mère’, ni celle de son ‘père’ provenir de derrière lui, son estomac se retourna. C’était une voix d’enfant. Contre toute prudence, il jeta un coup d’oeil dans leur direction, remarquant alors une petite nymphe aux cheveux bleu ciel coupés au carré qui levait un regard pétillant sur le duo. Luvon ébouriffa ses cheveux et elle se mit à rire, d’une voix qui sonnait comme le tintement mélodieux d’une centaine de grelots.

Elle était lumineuse.

Elle était parfaite.

Il grimaça en se cachant de nouveau derrière le tronc. Elle était tout ce qu’il avait échoué à être, concrètement. Combien à parier qu’elle manipulerait l’eau, chanterait très juste et aurait un don de guérison ? Ouais, elle aurait tout d’une vraie nymphe. Si elle le voyait, elle prendrait peur et demanderait pourquoi il ne retournait pas à Zhakal, le roux en était à peu près certain. Après tout soit on est un échec soit on ne l’est pas. Sa grimace s’accentua tandis que la familière sensation de son second don remontant à la surface sans y être invité parcourait son corps. Oh, donc il ne s’était pas encore complètement débarrassé de ce dysfonctionnement. Le nix retint un rire amer: il n’était vraiment qu’un échec. Insensible à la douleur, il plaqua ses mains sur ses épaules, se recroquevillant le plus possible en appuyant son front sur ses genoux repliés. Il n’allait pas pleurer maintenant. Pas à cause d’eux. La douleur s'accentua et il se demanda brièvement si en se concentrant mieux sur son pouvoir il serait capable de créer des fissures n’atteignant pas que la peau et les muscles, mais également les os. Ce serait terrifiant.

Maintenant il avait du sang sur les mains.

Comme la dernière fois.

Sentant ses blessures aux épaules dégouliner lentement, il n’en détacha pas ses mains tremblantes pour autant, resserrant au contraire sa prise. Etait-ce aussi profond que ce qu’il avait fait à Nesilia ? Le souvenir désagréable lui revint à l’esprit très clairement. A vrai dire il ne lui avait rien fait de bien profond. C’était juste très large, et très douloureux à en juger par la tête qu’elle avait tiré. Heureusement qu’il n’avait blessé personne d’autre que Lith et elle, avec ce don tellement dangereux qu’il le qualifierait presque de malédiction. Heureusement qu’il n’avait pas eu à blesser qui que ce soit volontairement, comme l’avait pourtant prédit l’elfe. Il n’aimait vraiment pas la violence. Ni le sang, ça le dégoûtait. Un goût métallique lui revint dans la bouche en se rappelant l’aspect de la blessure infligée à sa ‘mère’. Puis une impression distante vint le titiller:

N’avait-il vraiment blessé personne d’autre ?

Brièvement il eut l’impression que non. Il eut l’impression de se rappeler d’un autre moment, où les fissures ne couraient pas sur a peau claire de Nesilia ou de Lith mais dans la fourrure sombre d’un animal. Un animal énorme. La plaie partait de sa main et s’ouvrait, béante, se ramifiant pour parcourir tout son museau, traversant l’un des yeux de la bête en le rendant aveugle. Puis l’image s’estompa, ne lui laissant que la peur et une vague nausée. Cela avait-il jamais eu lieu ? Ou bien un des cauchemars qu’il avait oublié revenait soudainement à la surface ? Il était sujet à des songes particulièrement désagréables, depuis que la moitié de ses cheveux avait tourné au blanc. Depuis que Kai n’apparaissait plus au Sanctuaire. Ca n’aurait rien de surprenant que ce soient des brides de mauvais rêve faisant surface à l’évocation de blessures causées par son second pouvoir.

Mais il n’eut pas le temps d’investiguer plus avant, sentant brusquement des mains le forcer à relâcher ses épaules. Il releva la tête dans un sursaut pour tomber sur le visage contrarié de Lith qui avait un don pour le trouver dans des situations plus désespérées les unes que les autres. L’elfe semblait un peu plus âgé qu’à son départ, mais peut-être n’était-ce que le fait de froncer les sourcils aussi fort qui lui donnait l’air vieilli. Il plaqua ses mains sur les épaules de Siam aussitôt que celui-ci laissait les siennes retomber, réparant les plaies qu’il s’était ouvertes en un rien de temps. Comme il l'avait fait quand le nix l’avait blessé auparavant. Avait-il toujours été aussi rapide ? Il ne s’en rappelait pas, désormais habitué aux soins d’Hikari qui prenaient plus de temps car elle appliquait en prime une pommade aux propriétés désinfectantes.

«  J’ai failli pas te reconnaitre. », dit simplement l’elfe en ébouriffant ses cheveux blancs.

Un sourire étira les lèvres de son interlocuteur: Lith ne cherchait pas à en savoir plus qu’il ne voulait bien en dire, c’était appréciable. Ils prirent la direction de la maison de l’elfe qui n’avait pas le moins bougé du monde, et ce dernier prépara une infusion à son invité tandis qu’ils se lançaient dans une discussion tranquille, rattrapant le temps perdu sans se presser. Le familier de Lith était mort, mais il avait pris sous son aile une créature fantastique qui lui avait sembla en difficulté, ayant apparemment été blessée mais pas tuée par un loup solitaire en chasse. Le nix eut une exclamation admirative lorsqu’il vit la licorne aux sabots et à la corne dorés avancer gracieusement dans sa direction, appuyant le museau sur sa main sans crainte aucune. Elle était vraiment très belle, heureusement que Lith lui avait porté assistance.  Le lendemain Siam l’aidait à vernir des manches ouvragés destinés à accueillir des lames. Ils dérivèrent sur les quelques excursions de l’elfe vers les cités d’Alfheim pour vendre ses sculptures de bois, l’emploi que Siam s’était trouvé à Symphonia, Hikari, et bientôt sans s’en rendre compte, son passage à Zhakal. Rien de grave, laissa entendre le roux, il lui parla des étoiles, de Kai, des traditions morbides de l’autre contrée.. puis de sa chute. Une expression soudainement inquiète sur le visage, l’elfe demanda immédiatement à voir comment se remettait son épaule.

«  C’est une cicatrice de morsure, Siam. » assura-t-il, catégorique.

Comme Hikari.

Peut-être ne divaguait-elle pas, finalement.

Pourtant, il se souvenait clairement d’avoir chuté et que c’était des pierres, qui lui avaient fait ça. Enfin, ‘clairement’. Sa chute était claire. La douleur était claire. Les quantités inquiétantes de sang et la panique de Kai étaient claires. Mais il n’avait en tête aucune ‘image’ de chute de pierres. Seule l’idée que c’en soit une était fermement ancrée dans son esprit. Peut-être que son cerveau les bloquait pour lui éviter un traumatisme, quelque-chose dans le genre, mais le fait que la marque ressemble autant à une morsure était de plus en plus suspect. Hikari n’avait pas poussé le sujet trop loin, certainement désireuse de ne pas être trop intrusive avec son employé, mais Lith n’en avait que faire. Parce que Lith était ce qui se rapprochait le plus d’un ‘père’, pour Siam. Un père décent, j’entends.

Il insista pour que le nix repasse l’évènement en détail dans sa tête, parce que la thèse d’une chute de pierres ne lui paraissait pas la moins plausible du monde. Et puisqu’il n’en démordait pas, l’Alfheim voulut bien faire un effort. Il se rappelait de leur ascension, effectivement, très clairement. Il se rappelait avoir mis le pied au mauvais endroit en descendant, il se rappelait d’avoir heurté le sol douloureusement. Puis tout était noir. Puis il se rappelait d’adrénaline. De douleur. De sang. De Kai qui panique et lui répète en boucle que ça va aller, qu’il va le tirer de là, et qu’il est désolé. Qu’il est terriblement désolé, qu’il n’aurait pas dû l’entraîner là-dedans. L’entraîner dans quoi ? Une mal de crâne menaçait et son esprit s’embrumait mais le roux continua néanmoins de réfléchir, décrivant à voix haute ce qui lui revenait pour que Lith puisse suivre son train de pensée. Il n’avait jamais eu de trous de mémoire, c’était perturbant. Il se souvenait de Kai penché sur lui avec un air coupable sur le visage. Puis il se souvenait de Kai avec un poignard à la main.

Mais Kai n’avait jamais eu d’arme.

Surtout qu’il n’avait pas besoin de ça pour le tirer d’une chute de pierres. Et surtout que jusqu’à maintenant, Siam ne s’était jamais rappelé d’avoir vu Kai avec un poignard. Ca apparaissait pourtant dans son esprit largement plus clair que la chute de pierres. Maintenant il était confus. Que s’était-il passé, exactement, pour que ses souvenirs soient aussi emmêlés ? Son mal de crâne empirait de minute en minute. De toutes façons il ferait bien de se rendre à l’évidence: il n’y avait qu’une personne qui pouvait le renseigner. Personne qui avait disparu directement suite à l’évènement. Oh, alors peut-être n’était-il pas absent au Sanctuaire parce qu’il avait un problème mais parce qu’il l’évitait. Il allait pourtant falloir que le roux le retrouve.

Une semaine plus tard il repartait vers Symphonia, ayant laissé à Lith une belle tunique dans les tons bleus qu’Hikari l’avait aidé à confectionné. La fée avait même eu la gentillesse de lui faire une réduction quand bien même le tissu utilisé était de bonne qualité. Elle en faisait vraiment trop pour lui, un peu plus et il s’attacherait sérieusement.. Haha, à qui espérait-il mentir ? Il aimait beaucoup Hikari. Elle était sage et bienveillante, d’un calme olympien par dessus le marché, quelquefois il se demandait s’il ne s’agissait pas d’un ange plutôt qu’une fée. A son arrivée elle se montra particulièrement compréhensive par rapport à sa mémoire en morceaux, lui rappelant qu’elle avait toujours trouvé cette histoire de chute de pierres passablement douteuse. C’est pour ça qu’elle le laissa se rendre au Sanctuaire et y rester plus longtemps qu’il n’y avait jamais été, attendant que Kai se montre à une date qui n’était pas celle convenue. Il ne pouvait décemment pas retourner à Zhakal pour le chercher, de toutes façons, il doutait que qui que ce soit lui apporte de l’aide.

A vrai dire, la chance ne lui souriant pas, il dût revenir à plusieurs reprises au Sanctuaire, y restant un peu moins d’une semaine à chaque fois. Il profitait de faire ce trajet pour livrer certaines commandes d’Hikari dans d’autres villes que Symphonia, désireux de ne pas non plus négliger son travail pour la fée. Pendant l’un de ses séjours là-bas, il eut sans doute la peur de sa vie en se réveillant dans son lot d’eau. Il y avait quelque-chose d’entortillé autour de lui. Quelque-chose de vivant et d’écailleux. Ce n’était pas rassurant du tout mais il fut littéralement gelé de peur, s’arrangeant pour ne faire absolument aucun mouvement brusque de peur d’effrayer la créature, quelle qu’elle soit. Il se redressa lentement, et tenta de s’en détacher en des gestes prudents, son coeur battant la chamade. Son cerveau encore groggy de sommeil ne lui permit de réaliser qu’il s’agissait d’un serpent qu’au bout d’environ deux minutes.

Bien sûr, ça ne le rassura pas du tout.

Sa respiration se fit passablement chaotique, mais le nix s’empêcha d’utiliser son pouvoir contre l’animal, ne voulant pas découvrir où était la tête lorsque celle-ci le mordrait. Lorsqu’il sentit l’animal bouger, il crut que sa fin était venue. Mais les anneaux du serpent se dé-serrèrent lentement avant que la tête de l’animal n’apparaisse beaucoup trop près de son visage. Il avait des yeux rouges, créant un fort contraste avec ses écailles immaculées, et sembla observer le nix d’un air curieux pendant un moment avant de totalement se détacher de lui, sortant du lit d’eau pour s'enrouler sur lui-même à côté. Son regard resta néanmoins fixé sur un Siam nerveux qui quitta son lit d’eau prudemment et s’essora avec son pouvoir avant de s’habiller avec une lenteur maladive. Le serpent devait être plus long que lui n’était grand, à le regarder comme ça, cela dit son épaisseur était un peu inférieure à celle du bras de l'Alfheim, le rendant légèrement moins menaçant. Juste légèrement. Parce qu’il ne savait pas pourquoi il était toujours vivant en ayant dormi avec un serpent de cette taille enroulé autour de lui, en toute honnêteté.

Mais en constatant que lors de ses nuits suivantes au Sanctuaire, il se réveillait invariablement avec ce même serpent l’utilisant comme radiateur/oreiller/ un truc comme ça, le roux finit par conclure que la bête ne lui voulait pas de mal. Il passait la journée en sa compagnie, le reptile gardant un peu ses distances au départ -alors qu’il s’enroulait sur le nix dans son sommeil, bien sûr- avant de progressivement se reposer plus près de lui. Si l'Alfheim sursauta plusieurs fois en le voyant effectuer un mouvement brusque dans un coin de son champ de vision pour tuer un oiseau ou un petit rongeur, jamais il n’eut réellement à s’en méfier. Il venait le voir pour la chaleur, principalement, pas pour le manger.

Au bout d’un moment Siam ne savait plus s’il revenait dans l’espoir de croiser Kai ou simplement pour voir ce serpent qu’il avait fini par surnommer Mu. Mais au bout d’un moment il faut croire que la chance se souvint brusquement qu’il existait. L’Alfheim venait d’arriver sur les lieux et posait son sac près du ruisseau qu’il utilisait généralement pour son lit d’eau lorsqu’il remarqua une silhouette. Bon, ce n’était pas la première fois qu’il y avait du monde ici à son arrivée, aussi ne s’agita-t-il pas même en notant les cheveux noirs et la stature très proche de celle de Kai. La personne lui tournait le dos après tout. Mais en s’approchant à pas prudents, il reconnut de mieux en mieux la silhouette du nogitsune. Il portait même son manteau élimé absolument pas adapté au temps qu’il faisait mais dont il avait toujours refusé de ses séparer. Considérant que le doute n’était plus possible, Siam lui sauta assez littéralement dessus, convaincu que s’il l’avait évité pendant autant de temps, le brun s’enfuirait à sa vue.

«  Bordel, il était temps. », gronda le nix,

Ayant précipité Kai à terre, il s’était désormais assis sur le dos de celui-ci pour éviter toute tentative de fuite, un peu comme lors de leur première rencontre. Excepté que cette fois il était habillé et ne dégoulinait pas d’eau. Ricanant un peu au couinement de surprise lâché par son ami en tombant, il retrouva cependant son sérieux assez rapidement. ll y avait toujours ce trou béant dans sa mémoire qui lui donnait un mal de crâne sans précédent à chaque fois qu’il voulait faire la lumière dessus, ça ne pouvait pas durer. Il y avait toujours ce vague sentiment d’abandon à l’idée que Kai aie voulu le sortir de sa vie du jour au lendemain. Il y avait toujours l’impression désagréable qu’il lui avait menti sur toute la ligne, et que le roux avait eu tort de lui faire confiance.

«  C’est moi, ou tu t’es détendu en reconnaissant ma voix ? , se moqua-t-il en ravalant son amertume, Surprenant, venant de quelqu’un qui cherche si clairement à m’éviter. » ajouta-t-il avec plus de sérieux

Kai avait lâché un rire visiblement embarrassé et cherchait à croiser son regard en tournant la tête. Sans succès, l’Alfheim étant littéralement sur son dos. Et il ne prévoyait pas d’en bouger de si tôt, n’en déplaise à son siège d’occasion. Prenant quelques secondes pour organiser ses pensées, le roux laissa échapper un long soupir avant de prendre la parole sur un ton mesuré, faisant au mieux pour peser ses mots. Ces journées à espérer croiser Kai avaient au moins eu le mérite de lui donner du temps libre pour mettre en ordre ce dont il pouvait se souvenir, ce dont il ne se souvenait pas réellement, bien que la certitude soit ancrée, et ce qui se résumait au trou noir.  Il expliqua de la façon la plus complète possible ce qui le perturbait et pourquoi il avait absolument besoin que le nogitsune coopère, que ça lui plaise ou non, se gardant de mentionner qu’il lui en voulait d’avoir disparu dans donner de nouvelles pendant près de trois ans et qu’il s’était fait un sang d’encre. Il ne mentionna pas non plus à quel point ça le rassurait de le voir en vie.

Le brun avait semblé être de plus en plus tendu au fur et à mesure que son ami expliquait la situation, mais il s’arrangea pour garder une contenance quand ce dernier se dégagea de lui. Ses yeux dorés étaient un peu fuyants au départ, en particulier quand il s’excusa bien plus de fois que nécessaire pour ce qui s’était passé. Ca n’était en rien pour rassurer Siam qui n‘avait aucune idée claire de ce dont il en retournait, exactement. Les seules choses qui avaient fini par être certaines dans son esprit, c’était que sa cicatrice ne venait pas d’une chute de pierres et qu’à un moment ou un autre, Kai ne lui avait pas donné tous les détails.

« Bon, heureusement qu’on est au Sanctuaire, sinon je serais à peu près certain de ne pas me tirer de cette discussion en vie, commença-t-il avec un rire mal à l’aise, En fait, Siam, tes souvenirs sont.. mélangés à cause de moi. J’ai interféré dedans pour effacer des.. choses que tu n’avais pas besoin de voir, on va dire.
-Tu as ‘interféré’ dans ma mémoire ?, ce fut au tour de Siam de rire, Et comment, je t’en prie ?
-C’est mon second pouvoir, avoua le brun alors qu’il lui avait toujours dit n’être capable que de métamorphose en renard, et ma maîtrise est assez limite, ça doit être pour ça que les souvenirs te reviennent.. haha.. même ça j’ai pas pu le faire correctement.. » Il s’interrompit, soudainement très concentré sur le sol.

De son côté, le nix peinait à garder son calme, comme l’avait prédit son interlocuteur. Il avait emmêlé ses souvenirs ? Avec un don que lequel il lui avait menti, pour commencer ? Pour quelque-chose qu’il n’avait pas ‘besoin’ de voir ? Mais qu’est-ce qu’il en savait, exactement, de ce que Siam avait ‘besoin’ de voir ? Est-ce qu’il donnait tant l’impression d’être un gosse qu’il pensait devoir le materner ? Rien que cette idée le rendait malade, et s’il voyait bien que Kai n’était pas du tout fier de ce qu’il avait fait, le roux n’eut aucun scrupule à retourner le couteau dans la plaie. C’était sa mémoire, il avait besoin de savoir.

«  Eh bien je suppose que je suis assez grand pour supporter mes propres souvenirs, maintenant. » Lâcha-t-il sur un ton amer.

Et en définitive, il n’était sans doute pas prêt. Parce que quand Kai hocha la tête pour signifier son accord avant de prendre les mains de l’Alfheim et le faire progressivement recouvrer ce qu’il avait dissimulé dans des black-out, il commença à pleurer sans s’en rendre compte. Toutes les émotions remontaient à la surface à la fois, en plus des images, de l’adrénaline et de cette peur qui lui avait tordu le ventre. Effectivement, il avait chuté en descendant la côte, mais n’étant pas loin du sol -et non d’une roche coupante- à ce moment-là, il n’avait récolté que quelques éraflures. Ce qui avait causé sa blessure à l’épaule venait après.

Le duo était en chemin vers le sanctuaire, Kai mort de rire et Siam n’ayant de cesse de se plaindre en débarrassant ses vêtements de la poussière récoltée lors de la chute. Il l’avait pourtant dit, qu’il ne se tirerait pas de cette foutue leçon d’escalade sans se ramasser. Mais son ami ne faisait que rire en lui rappelant que personne ne l’avait forcé à le suivre et qu’après tout, c’était lui qui voulait voir les étoiles. Du moins, d’autres étoiles que le Soleil. L’Alfheim aurait certainement répondu qu’il n’avait pas non plus demandé à manquer de crever pour ça si son interlocuteur n’avait pas brusquement cessé de rire, les yeux fixés sur un point un peu plus loin sur le chemin qu’ils empruntaient. Stoppant ses pas, il fit signe au nix de ne plus avancer et sembla étudier les deux silhouettes qui se tenaient à quelques mètres de là, l’une d’entre elles venant d’allumer une lanterne. Pour sa part, Siam n’y voyait pas assez bien pour évaluer si ces gens représentaient un danger ou pas, surtout que la notion de ‘danger’ d’un Alfheim ne pouvait être que biaisée par cette habitude d’une contrée calme, remplie de gens pour la plupart sans mauvaises intentions.

Rien à voir avec ces deux-là.

Au fur et à mesure qu’ils approchaient, le nogitsune sembla les reconnaitre, et pas dans le bon sens. Non, ce n’étaient pas des amis de longue date, à en juger par son raidissement progressif causé par l'arrivée des deux hommes -parce que maintenant Siam voyait que c’était des hommes-. Un sourire nerveux étira ses lèvres tandis que l’un d’entre eux lançait que ça faisait longtemps, il leur avait manqué. Parce qu’il était temps qu’il paie ses dettes. Que ce soit effectivement des dettes financières ou plutôt une vengeance qu’il méritait pour avoir arnaqué ces deux-là, le nix n’en sut jamais rien. Surtout qu’il ne comprit plus du tout cette conversation quand l’un des inconnus mentionna que ‘son don merdique’ n’avait pas pu leur faire oublier complètement qu’ils avaient des comptes à rendre. Dommage pour lui.

«  Siam, contourne-les et laisse-moi gérer ça, je te rejoindrai., lui souffla le brun avec une certaine nervosité
-À deux contre un tu penses pouvoir me rejoindre ? J’ai toujours su que tu étais terriblement arrogant, Kai. » , répliqua son ami sur le ton de la plaisanterie.

Son interlocuteur lui adressa un sourire en coin avant d’insister: sous sa forme de renard il pourrait courir plus vite, aucun souci à semer ces deux-là. Et puis une fois au Sanctuaire ils seraient tous deux en sécurité. Après tout ce n’était pas après l’Alfheim qu’ils en avaient, il ne devrait pas être inquiété. Voyant là une option limitant au maximum les potentielles effusions de sang, ce dernier finit par hocher la tête pour marquer son approbation, bien que l’idée de partir sans voir si Kai arrivait à suivre ne l’enchantait pas.

Peut-être qu’il aurait dû s'inquiéter de sa propre peau, en définitive.

Car à peine les dépassait-il après avoir effectué un vif crochet sur le côté pour les contourner que l’un d’entre eux se lançait à sa suite. Même en accélérant le pas, le nix fut incapable de lui échapper. Il faut dire que le Zhakal en lui avait laissé aucune chance. En l’espace d’un instant, sa forme était passée d’humanoïde à celle d’un loup aux mâchoires immenses, et il saisissait entre ses crocs l’épaule du roux pour l’empêcher d’aller plus loin. Bizarrement, il n’eut pas mal. Pas sur le coup. Il ne ressentait qu’une désagréable pression autour de son épaule, là où les crocs de l’animal traversaient sa peau, en plus du fait que se mouvements soient subitement empêchés par une force le dépassant largement. Une grimace apparut sur son visage tandis qu’il entendait le second homme ricaner dans son dos, s’adressant visiblement à Kai.

«  Peut-être qu’on devrait emporter cet adorable gamin que tu as l’air de connaitre, hum ? Peut-être que comme ça j’effacerai ta dette ? Je suis sûr qu’on peut en tirer un bon prix.. »

D’ici, Siam ne voyait pas le sourire amusé qui étira ses lèvres lorsque l’expression de Kai se fit passablement désespérée. Il ne le voyait pas rire de la peur dans les yeux du nogitsune qui regrettait certainement d’avoir quelque-chose à perdre, pour une fois. Quelqu’un à perdre, plus précisément. Mais ledit quelqu’un n’étant pas un otage passif, il ne se contenta pas d’attendre sagement que les choses se passent et que Kai fasse quelque-chose de stupide pour essayer de les tirer de cette situation. Rendu insensible à la douleur par l’adrénaline qui le parcourait depuis que le loup avait stoppé son mouvement, le nix ne perdit pas de temps pour se défendre. Ayant toujours une main de libre, il l'appuya sur le museau de son agresseur en activant son second pouvoir. La fissure partit de sa paume pour se ramifier sur toute la tête de l’animal, déchirant la peau pour laisser place à une plaie béante dont un épais liquide écarlate ne tarda pas à couler.

Et il avait du sang sur les mains, encore une fois.

Surpris par la douleur, son agresseur relâcha immédiatement sa prise, lâchant un cri de douleur à glacer le sang tout en reprenant sa forme originelle. Visiblement son complice non plus ne s’était pas attendu à ce que le danger vienne de l’Alfheim, et son bref moment d’inattention avait laissé le temps à Kai de dégainer un poignard et le lui planter dans le cou. Lorsque Siam croisa son regard, il retirait la lame de son adversaire qui commençait à se vider de son sang et lui cria de se mettre à courir. Ils devaient rejoindre le Sanctuaire avant que le loup ne se remette de la blessure. Mais la fissure avait couru à travers l’un de ses yeux, et Siam doutait qu’il soit réellement en état de poursuivre qui que ce soit avec son champ de vision réduit de moitié. Néanmoins il ne discuta pas, se forçant à ne pas s’attarder sur l’homme qui hoquetait tandis que tout son sang le quittait par une coupure nette sur le côté du cou. Il se força à ne pas se focaliser sur le fait que ça soit l’oeuvre de Kai, aussi. Il se contenta de courir.

Ce n’est qu’une fois arrivé au Sanctuaire que la douleur le rattrapa.

L’adrénaline était retombée et toute la zone autour de son épaule lui faisait un mal de chien là où les crocs du loup avaient traversé sa peau. S’il avait mordu plus fort ou ne serait-ce que tiré un peu, le nix était à peu près certain qu’il y aurait laissé son bras. Voire sa peau, en se vidant de son sang par la suite. Retenant un geignement de douleur assez pitoyable en se mordant la lèvre, il essayait de se concentrer sur la marche à suivre pour limiter les dégâts le temps de retourner à Symphonia. Peut-être qu’ils avaient des trucs pouvant servir à cela, dans leurs sacs respectifs. Il essayait de ne surtout pas se focaliser sur le sang recouvrant le poignard de Kai. Il essayait surtout d’oublier qu’ils s’étaient enfuis en laissant un mec mourir. Un mec que [Kai] avait tué sous ses yeux. Puis le nogitsune prit ses mains et il eut l’impression de sombrer dans un trou noir.

« C’est- c’est fini, Siam. », l’informa le brun avec une grimace que son interlocuteur ne comprit pas immédiatement.

Il avait l’air de souffrir. Ce n’est qu’en jetant un coup d’oeil à ses mains qu’il comprit où était le problème et retira immédiatement les siennes de celle du Zhakal. Son don avait fait des siennes pendant qu’il recouvrait ce qui avait été effacé. Sans doute la peur. Sans doute le choc. D’ailleurs pourquoi n’arrêtait-il pas de pleurer ? Kai lui répéta qu’il était désolé et qu’il ne voulait pas l’entraîner dans ses emmerdes. Juste lui donner une idée de ce à quoi ressemblait Zhakal, parce qu’il avait l’air tellement curieux de voir les étoiles. Et effacer ce qu’il y avait eu de particulièrement désagréable à cause de lui. En définitive l’Alfheim ne pouvait pas lui en vouloir, parce que les sanglots n’en finissaient plus. Il avait eu tort d’insister. Il n’était pas prêt pour ça. Pas prêt pour se rappeler qu’à eux deux, ils avaient tué une personne et défiguré une autre. Il était encore beaucoup plus fragile qu’il ne voulait bien l’admettre, et ça faisait mal de s’en rendre compte comme ça.

« C’est de ma faute Siam, je suis désolé, calme-toi.. », répétait-il en boucle à voix basse

A vrai dire sur le moment, il devrait vraiment avoir l’air d’un gosse de 15 ans comme on se l’imaginait souvent. Voire moins. Kai l’avait pris dans ses bras, ignorant la douleur occasionnée à cause des coupures désormais apparues sur ses paumes et caressait lentement ses cheveux du dos de la main en attendant qu’il retrouve son calme. Qu’il cesse de pleurer comme un gamin, en soi. Ca n’aurait pas dû se passer comme ça. Il ne remettrait pas les pieds à Zhakal. En tout cas pas avant un moment. Finalement il put reprendre la parole, bien que sa voix sonne bien plus faible qu’il ne l’aurait voulu.

« Faut dire, j’ai été stupide de te suivre, fit-il en forçant un rire, Quels génies, quand même.. Allez viens, Hika va te soigner. », termina-t-il en échappant à l’étreinte du brun pour se relever.

Il ne pouvait décemment pas le laisser repartir avec les mains dans cet état. Surtout que c’était de sa faute. Parce qu’il ne faisait que détruire. Balayant les doutes du nogitsune par rapport au fait que la fée aux cheveux verts accepte de lui apporter de l’aide, Siam l’entraîna à sa suite en direction de Symphonia. Il leur fallut une dizaine de minutes pour réaliser qu’ils étaient suivis. Par un serpent. Une fois de plus cet animal avait failli donner une attaque cardiaque à Siam lorsqu’il avait vu du coin de l’oeil une forme blanche ramper à proximité. Finalement il l’avait laissé monter et se reposer sur ses épaules, ce serait sans doute plus commode pour lui. C’était bien la première fois que Mu le suivait lorsqu’il quittait le sanctuaire, et le nix commençait à sérieusement considérer la possibilité d’en faire son familier. Une bestiole pareille avait le mérite d’intimider pas mal d’abrutis, et de son côté il pouvait bien servir de radiateur. En soi ce serait avantageux pour tous deux.

Comme s’y était attendu l’Alfheim, Hikari ne vit aucun problème à soigner Kai, elle fut même heureuse de pouvoir apporter de l’aide. Ayant eu ses mains guéries en un rien de temps, le brun voulut retourner vers Zhakal au plus vite, mais Siam insista pour le faire rester encore un peu. Qu’ils discutent de deux ou trois trucs. Se rendre au sanctuaire ne l’attirait plus beaucoup, mais c’était bien le seul endroit où il pourrait ‘légalement’ revoir son ami. Ou du moins le voir sans rien risquer. Finalement ils convinrent d’un rendez-vous annuel plutôt que mensuel, le roux n’étant pas vraiment certain de la distance par rapport au Sanctuaire à laquelle il serait dans les années à venir. Car il prévoyait d’explorer un peu plus les villes d’Alfheim, ayant à son goût une connaissance plutôt suffisante de Symphonia pour le moment.

Après une année de plus à travailler pour Hikari, il prit la direction de de Phantasia à 25 ans environs. Trouver un emploi s’avéra plus compliqué que prévu, principalement parce qu’on n’arrivait pas à croire qu’il soit majeur, mais il finit par faire comprendre à quelqu’un que merde, il était un nix, alors forcément son vieillissement n’était pas exactement classique. C’est ainsi qu’il se retrouva à travailler comme mousse pendant un an sur un bateau de pêche avant que ce job le lasse. Le poisson, c’était pas exactement son délire. Il se rabattait sur Navia qui lui avait toujours beaucoup plus où il exerça un petit job de jardinier pendant deux ans. Très sympathique, bien que parler à des plantes soit passablement ennuyeux à la longue et que les visiteurs du jardin n’en finissaient pas de sursauter en voyant Mu. Pauvre serpent, ce n’est pourtant pas comme s’il était agressif.

Récemment, malgré une certaine réticence à quitter Alfheim, Siam s’est décidé à faire un tour du côté de Tamaris. Pas longtemps, juste le temps de jeter un oeil à l’endroit. Jamais de nuit, ayant de mauvais souvenirs avec cette période qui semblait être normale pour les habitants de cette contrée. C’était plus fascinant qu’il ne l’avait anticipé, à vrai dire. C’est sans doute pour ça qu’il s’arrangea pour bosser dans un service de livraison d’Alfheim, à l’avenir. Une fois de plus, la question de sa majorité fut très sérieusement discutée, mais avec le temps il s’était habitué. Il ne s’en offensait plus.. enfin plus autant, disons. Le service assurait des livraisons entre Tamaris et Alfheim, les contrées étant en termes relativement corrects, et se basait sur Symphonia, la capitale. Ca lui donna l’occasion de voir Hikari à l’occasion, tout en ayant trouvé un nouvel emploi qui avait le mérite de lui faire voir un peu de pays.

A toi maintenant. Qui es-tu?


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Ven 30 Déc - 10:32
Citation :
VIEILLE. Enfin, moins que Neal ;D
...Me rappelle pas que je me dirige lentement mais sûrement vers l'âge canonique de 20 ans. D: /out/

Bref rebienvenue quand même Wonder o/ *donne des cookies à ce sale gosse*

J'ai lu le cara et le physique, et un mec nymphe c'est original j'adore quoi, ça brise carrément les codes xD Puis ça change de la nymphe naïve qui croit que le monde est fait de paillettes

Citation :
Tuez Azu omg je veux la voir en fantôme /shot/
Mais quelle violence xD

PAR CONTRE je vais mettre un peu de temps à lire ton histoire donc je vais y aller petit à petit parce que c'est vraiment long. xD Je fais au plus vite cela dit ! o/

Enjoy ♥

EDIT : Si tu pouvais remplacer nymphe par "Nix" pour la race, ce serait nickel. o/
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Ven 30 Déc - 22:05
Rebienvenue !
Hâte d'emmerder ce compte aussi. ~ 8D
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Sam 31 Déc - 12:28
Tu vieillis, assume :kitty:

Sinon merci, contente que cette teigne t'intéresse parce que je l'aime très fort ;D
Et oui, pas de soucis pour le temps que ça prendra, j'avais qu'à pas faire un truc aussi long aussi xD

Encore une fois, dis moi ce qui cloche, j'ai changé la race comme demandé, déjà owo

... J'aime la motivation d'Ayu, srsly xD
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Lun 2 Jan - 18:03
J'AI EU LE COURAGE DE TOUT LIRE JE VEUX UN COOKIE /out/

Non sérieux la lecture est fluide, y a quelques moments qui m'ont fait rire, Siam est un sacré cas mais il est trop cool comme perso franchement. ** J'ai beaucoup aimé ton histoire, j'aime Siam, bref, j'ai rien à redire. Chapeau pour la longueur de l'histoire franchement, j'ai pas vu d'incohérences ou de chose qui clochait, donc c'est avec plaisir que je te valide o/


Au plaisir de te croiser en rp avec ce perso. owo
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